Les conseils de l'OCDE à la France pour relancer la croissance et l'emploi

ECONOMIE Pour l'organisation, le défi le plus important est de «réformer le marché du travail afin de promouvoir la création d’emploi»...

T.L.G.

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Logo de l'OCDE, à Paris, le 29 mai 2013
Logo de l'OCDE, à Paris, le 29 mai 2013 — Eric Piermont AFP

Le rapport était attendu. Alors que l’Insee doit publier jeudi soir sa note de conjoncture sur la situation économique de la France, l’OCDE présentait sa dernière étude économique pour relancer la croissance et l’emploi dans le pays. Un rapport suivi de près par le ministre français des Finances, Michel Sapin. 20 Minutes a sélectionné les principales conclusions.

«La France ne manque pas d’atouts», indique l’OCDE. «Mais le PIB potentiel a ralenti en partie à cause de la crise ; la reprise économique a été décevante ; et le chômage est à un niveau élevé et continue d’augmenter».

La protection accordée aux CDI, «un frein à la mobilité»

Défi le plus important, «réformer le marché du travail afin de promouvoir la création d’emploi», indique l’organisation, pour qui «la protection accordée aux salariés en contrats de travail indéterminés est un frein à la mobilité du travail malgré les avancées permises par les réformes des procédures de licenciements collectifs et la mise en place de la procédure de rupture conventionnelle».

Pour le réformer, elle propose de «simplifier et raccourcir les procédures de licenciement, par exemple en réformant la justice prud’homale, comme envisagé» et de «réduire encore le coin fiscalo-social», c'est à dire les impôts.

Réduire le nombre de communes

Autre chantier, les dépenses publiques. «À 57 % du PIB, [elles] sont trop élevées», indique l’organisation, qui ajoute que «plusieurs faiblesses des marchés de produits nuisent aussi à la performance économique».

L’OCDE donne plusieurs pistes. «Réduire le nombre de communes, et augmenter la taille et les compétences des intercommunalités», «fermer certains petits hôpitaux publics, et utiliser plus de chirurgie ambulatoire et de médicaments génériques, et augmenter les incitations des médecins prescripteurs à limiter les ordonnances», «modifier les paramètres des retraites complémentaires pour garantir leur soutenabilité dans le cadre de la négociation entre partenaires sociaux prévue en 2015 et poursuivre la réduction des spécificités des régimes spéciaux de retraite», «modifier les paramètres du régime des allocations-chômage, notamment leur durée», et «rendre plus effective leur conditionnalité à la recherche active d’un emploi ou à une formation».

«Libéraliser les professions réglementées»

L’OCDE préconise en outre d’«intensifier les efforts pour réduire la complexité du code du travail, les normes et réglementations imposées aux entreprises, la structure des administrations territoriales et locales, et les systèmes fiscaux et de retraites».

Pour améliorer la compétitivité de l’économie et l’environnement des entreprises, l’OCDE propose de «confier à une institution indépendante un examen complet de toutes les réglementations en place», de «poursuivre la simplification des procédures complexes d’ouverture des grandes surfaces», et de «continuer de libéraliser les professions réglementées en limitant les champs d’activité sur lesquels elles possèdent un droit exclusif».

L'OCDE préconise aussi de «fournir un enseignement et une formation professionnels de qualité pour ceux qui en ont le plus besoin», en attirant «des enseignants hautement qualifiés dans les lycées professionnels et en assurant un soutien plus individualisé pour les étudiants dont les compétences de base sont déficientes».