Transdev, dans le vert, veut accélérer son développement

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Logo de l'opérateur français de transports Transdev
Logo de l'opérateur français de transports Transdev — Eric Piermont AFP

Deux ans après le lancement d'un plan de redressement, quatre ans après la fusion avec Veolia Transport, Transdev a réalisé pour la première fois en 2014 un bénéfice et ambitionne un développement en France et à l'international.

«Transdev sort du rouge et confirme ainsi son redressement avec un an d'avance», se réjouit le groupe dans un communiqué.

Pour Transdev, cet équilibre retrouvé marque le début d'une nouvelle phase de développement.

Le chiffre d'affaires est de 6,6 milliards d'euros, et le groupe prévoit, pour 2020, qu'il dépasse 8 milliards, grâce à «la croissance des activités coeur du métier du groupe (bus, car et tramway) et du développement d'activités nouvelles en France (cars longue distance, ferroviaire) et dans le monde (transport à la demande)».

Dans l'Hexagone, Transdev, qui possède Eurolines, a confirmé son intérêt pour le marché des autocars longue distance, à la faveur de la loi Macron, et pourrait desservir une quarantaine de villes à partir du 1er juillet, avant d'étendre ses liaisons.

L'opérateur aimerait également se confronter à la SNCF, et est favorable à des expérimentations d'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire, dans le cadre de délégations de service public (DSP), «avant la date obligatoire fixée par le règlement européen, qui pour l'instant est en 2019 mais va sûrement être reculée à 2022 ou 2024».

«Pour que le système en France sorte de la spirale négative dans lequel il est -dette qui s'accroît- et devant lequel les remèdes proposés sont de réduire la place du rail et de réduire les services, nous sommes convaincus que d'autres moyens de gérer les lignes ferroviaires» existent, a souligné Jean-Marc Janaillac.

- La SNCM, dossier épineux -

Le groupe veut également développer sa présence sur le marché du transport à la demande, et consolider ses positions dans le transport urbain et interurbain, «son coeur de métier».

Contraint à se retirer de plusieurs pays pour se désendetter, il souhaite désormais accroître sa présence à l'international, à partir de 2016: «On commence à regarder les possibilités de développement dans de nouveaux pays», a expliqué Jean-Marc Janaillac, évoquant des «opérations de croissance externe».

Reste le dossier épineux de la SNCM, dont Transdev est l'actionnaire principal, et cherche à se désengager. Trois repreneurs potentiels se sont manifestés, et le tribunal de commerce de Marseille doit statuer le 22 avril.

Pour la première fois depuis la fusion entre Veolia Transport et Transdev en 2011, l'opérateur de transports réalise un bénéfice net part du groupe de 24 millions d'euros au titre de 2014, tandis que sa perte nette avait été de 130 millions d'euros en 2013.

Le résultat opérationnel, quant à lui, est multiplié par deux, et atteint 107 millions d'euros.

Transdev a bénéficié en 2014 de l'effet du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), qui s'est élevé à 45 millions d'euros en 2014, en hausse de 15 millions par rapport à 2013.

Le groupe, en difficulté après la fusion, avait présenté début 2013 un plan de redressement, qui visait notamment à diviser par trois d'ici à 2015 sa dette -qui était alors d'1,9 milliard d'euros- mais aussi revenir à l'équilibre en 2015 et «interrompre l'hémorragie des contrats».

Ce plan prévoyait des cessions d'actifs et une augmentation de capital, conduite fin 2013, à hauteur de 560 millions d'euros. Et «le programme de cession est derrière nous», a commenté mercredi le directeur financier du groupe, Marcos Garcia.

L'endettement passe sous la barre des 900 millions d'euros (859 millions).