L'exécutif tente de rebondir sur le terrain économique après les départementales

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Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 1er avril 2015
Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 1er avril 2015 — Eric Feferberg AFP

Pressé de réagir après la déroute du PS aux départementales, l'exécutif tente de reprendre l'initiative avec l'annonce de nouvelles mesures de soutien à l'économie promises pour mercredi prochain, tandis que François Hollande sera dès vendredi sur le terrain pour parler investissements.

Ces nouvelles mesures, promises par l'exécutif au soir même de la défaite dimanche, seront présentées par Manuel Valls dans la foulée d'un Conseil des ministres et d'un séminaire gouvernemental «exceptionnels», a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Elles viseront, a-t-il précisé, à «soutenir et conforter la croissance avec l'investissement» mais aussi à «valoriser le travail et l'égalité territoriale».

«Derrière cela, il y a la question de la prime d'activité, de son calendrier, de sa mise en œuvre et de son champ qui seront précisés», indique-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat.

Quant aux mesures sur l'égalité des territoires, elles s'inscriront «dans la continuité des comités interministériels des villes et de la ruralité» réunis dans la première quinzaine de mars, précise-t-on de même source.

François Hollande posera de son côté vendredi «de nouveaux jalons sur le sujet de l'investissement», talon d'Achille de l'économie française, lors d'une visite d'entreprise en un lieu restant encore à déterminer mercredi.

Le couple exécutif l'avait réaffirmé haut et fort dimanche, au soir d'un scrutin qui a vu la gauche perdre 25 des 61 départements qu'elle détenait: pas question de changer de cap, en dépit des appels pressants des frondeurs du PS, de la gauche de la gauche et de ceux, plus diplomatiques, de ténors du parti.

Depuis Berlin mardi, François Hollande l'a réaffirmé au côté de la chancelière Angela Merkel: «Le cap a été fixé et il sera tenu».

Et il l'a encore répété mercredi en conseil des ministres, soulignant qu'il fallait «continuer à avancer dans la cohérence, suivant le cap qui a été fixé», selon ses propos rapportés par M. Le Foll.

A une nuance près: il s'agit, selon le président, de «répondre aux doutes des Français» et «en même temps» de «conforter» une reprise économique encore timide.

Après un fléchissement en janvier, le nombre de chômeurs est reparti à la hausse en février, Manuel Valls reconnaissant qu'il serait «difficile» de créer de l'emploi tant que l'économie française ne renouerait pas avec une croissance d'au moins 1,5%.

- 'Recadrage' -

Pour y parvenir, «il nous faut un second semestre dynamique en terme de croissance», répète le Premier ministre à ses interlocuteurs. «Ce ne sont pas des infléchissements», assure-t-il, mais «faire en sorte qu'on gagne en efficacité pour que d'ici à l'été, le maximum d'atouts soit mis au service de la croissance».

Il ne s'agit pas de «réorienter» la politique du gouvernement ou de revenir sur le pacte de responsabilité et ses 40 milliards d'allègements du coût du travail pour les entreprises, a affirmé mercredi Stéphane Le Foll. «Il n'en est pas question», a confirmé une source proche de l'exécutif.

Pour autant, «être capable de corriger un certain nombre de choses, cela fait partie du débat», a nuancé le porte-parole du gouvernement.

Les pressions se multiplient sur l'aile gauche de la majorité. Mardi soir, une centaine d'élus locaux et parlementaires fidèles à Martine Aubry s'est réunie à l'Assemblée.

Quant à l'ex-ministre (PS) Aurélie Filippetti, elle a estimé mercredi que l'écologiste Cécile Duflot avait eu «une bonne analyse» lorsqu'elle avait appelé à un changement de ligne économique après la claque des départementales, estimant que l'exécutif faisait preuve d'«aveuglement idéologique».

La journée de mercredi a d'ailleurs été l'occasion d'une clarification, voire d'un recadrage: non, le gouvernement ne prévoit pas de projet de loi «Macron II» sur l'investissement, les PME et le numérique, annoncé un peu vite par le jeune ministre de l'Économie pour avant l'été.

Avec le «premier» projet de loi Macron et celui porté par François Rebsamen sur le dialogue social, «on a des vecteurs», souligne un membre du gouvernement, d'autant que «tout ne passe pas forcement par la loi», selon un autre membre de l'exécutif.

Un nouveau texte présenterait le risque d'un nouvel accident parlementaire après l'épisode du 49.3 de février alors que l'exécutif ne peut y recourir de nouveau avant la session parlementaire extraordinaire de l'été.