Cinq questions pour comprendre les fluctuations du prix du gaz

ENERGIE Après plusieurs mois de baisse, les tarifs réglementés repartent à la hausse ce 1er avril…

Oihana Gabriel

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Paris le 28 mars 2011. Illustration hausse du prix du gaz et radiateur a gaz.
Paris le 28 mars 2011. Illustration hausse du prix du gaz et radiateur a gaz. — A. GELEBART / 20 MINUTES / SIPA

Difficile de suivre et encore plus de comprendre l’évolution des prix du gaz. Après une baisse en février (1,27%) et en mars (3,46%), les tarifs vont connaître une légère hausse (+1%) au 1er avril. 20 Minutes répond à cinq questions pour y voir plus clair sur votre facture.

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Comment est calculé le prix du gaz?

Historiquement, le prix du gaz suivait celui du pétrole et était recalculé tous les trimestres. Entre 2010 et 2012, le prix du baril augmentait, alors pour limiter l’impact sur le gaz, le gouvernement a souhaité que le tarif soit calculé en fonction du pétrole, mais aussi des bourses de gaz naturel, qui affichaient un prix en baisse. «Cette double indexation était plus favorable aux consommateurs», explique Xavier Pinon, cofondateur de Selectra, comparateur de fournisseurs d’énergie. En 2013, le prix du gaz stagne, mais les taxes augmentent. Et depuis 2014, le prix du baril ayant largement chuté, les tarifs du gaz ont également affiché une baisse.

Alors pourquoi cette augmentation en avril?

Plusieurs facteurs entrent en jeu. Côté économique, le pétrole est reparti à la hausse en février: +22,5 % après sept mois consécutifs de baisse selon l’Insee. Une augmentation qui devrait durer. «Les prix du baril ont atteint un niveau très faible, il y a donc des chances pour qu'ils remontent», pronostique François Carlier, délégué général de la CLCV, association nationale de défense des consommateurs et usagers. Et le prix du gaz naturel sur les bourses européennes connaît aussi une légère augmentation pour des raisons géopolitiques. Le conflit entre la Russie et l’Ukraine laisse planer un risque de pénurie ou de baisse de livraison pour l’Europe. D’autre part, les Pays-Bas accusent un approvisionnement moins bon en gaz.

Fait-on face à une remontée durable?

«Il est trop tôt pour parler de retournement de tendance, car on est plutôt dans une saisonnalité favorable», souligne Xavier Pinon, également auteur de l’ouvrage Le Marché de détail de l’énergie (L'Harmattan). En effet, quand on entre dans l’hiver, les tarifs ont tendance à augmenter, mais quand arrive le printemps, c’est l’inverse.»

Quels sont les types d’abonnements?

Trois possibilités s’offrent aux consommateurs. D'abord, Conserver le tarif réglementé, ce qui est le cas aujourd’hui de 70% des Français. Deuxième option: choisir les offres indexées sur les tarifs réglementés, c'est-à-dire que le prix fluctue, mais est maintenu entre 5 et 10% en dessous de ces tarifs. Enfin, les prix fixes sont intéressants quand ils sont plus faibles que les tarifs réglementés.

Quelle est l’option conseillée si vous changez d’abonnement?

Les offres indexées sur les tarifs réglementés semblent les plus intéressantes vu la période. «Si on trouve -10%, ça vaut le coup de prendre une offre alternative», assure François Carlier, de la CLCV. «Mais les clients croient encore que quand on change de fournisseur, on risque d’être coupé alors qu’il n’y a aucune modification technique, observe Xavier Pinon. Le contexte global est plutôt en baisse et, surtout, il est toujours possible de revenir à une offre réglementée.» En effet, depuis 2011, les associations de consommateurs ont obtenu le «droit au retour»: chaque client peut retrouver son abonnement précédent sans frais. «Dans les faits, nous constatons très peu de litiges», rassure François Carlier. Enfin, dernier conseil de la CLCV: «Les offres couplées électricité-gaz sont en général moins intéressantes».