Le directeur général de Ryanair, Michael O'Leary, le 29 août 2013 à Stockholm, en Suède
Le directeur général de Ryanair, Michael O'Leary, le 29 août 2013 à Stockholm, en Suède — Bertil Enevag Ericson Scanpix Sweden

AVIATION

Ryanair trébuche sur les vols transatlantiques à 14 euros

L'erreur de communication n'a été rectifiée que trois jours plus tard, à cause de la Saint-Patrick...

«On a foiré» (We screwed up). C'est ainsi que le PDG de Ryanair, Michael O’Leary, peu adepte de la langue de bois, résume l’annonce à moyen terme de vols à 14 euros entre l’Europe et les Etats-Unis, puis sa rétractation trois jours plus tard. Tout aussi bref, le communiqué de trois lignes de la compagnie low-cost déclare simplement que «le conseil d’administration n’a pas étudié ou approuvé la mise en place d’un quelconque projet transatlantique et n’en a pas l’intention.»

Lundi, les globe-trotters des deux côtés de l’Atlantique s’étaient senti pousser des ailes à bas prix à l’annonce par l’entreprise irlandaise que son conseil d’administration avait approuvé ce projet, qui aurait pu voir la mise en place dès 2019 de vols à prix imbattables entre quatorze villes européennes et quatorze villes américaines.

«En Irlande, on se laisse parfois un peu emporter à la Saint-Patrick»

Mais le problème, avoue Michael O’Leary dans le New York Times, est que le projet n’a jamais été présenté devant ledit conseil d’administration, car il serait porté par une autre compagnie, et n'est donc pas de son ressort. «J'ai été surpris que cette annonce fasse autant réagir, on en parle depuis des années», s'étonne O'Leary, qui attribue le quiproquo à une erreur des relations publiques de la compagnie.

Pourquoi Ryanair a-t-elle attendu jeudi soir pour rectifier son erreur? Eh bien, précise le PDG, les bureaux étaient fermés mardi pour cause de Saint-Patrick, et le communiqué a donc été discuté par le conseil d’administration, qui avait déjà prévu de se réunir mercredi et jeudi. Il a reconnu vendredi que le temps de réaction de la compagnie avait été «un peu lent au goût de certains». «En Irlande, conclut Stephen Furlong, un analyste aérien basé à Dublin, on se laisse parfois un peu emporter à la Saint-Patrick.»