Noos perd de l'argent mais ses actionnaires en gagnent

TELECOMMUNICATIONS Malgré une dette de 3 milliards d'euros...

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La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a décidé de placer le câblo-opérateur Noos-Numéricable "sous surveillance" en raison des nombreuses plaintes de ses abonnés, a-t-elle annoncé vendredi dans un communiqué.
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a décidé de placer le câblo-opérateur Noos-Numéricable "sous surveillance" en raison des nombreuses plaintes de ses abonnés, a-t-elle annoncé vendredi dans un communiqué. — Bertrand Guay AFP

Comment Noos fait-il pour rembourser une dette de 3 milliards d’euros et rapporter à ses actionnaires 500 millions d’euros de plus-value en cinq ans ? C’est la question que se posent certains experts, qui s’interrogent sur les marges de manœuvre du groupe.
 
2.000 suppressions d’emplois
 

Très critiqué ces derniers mois, le cablô-opérateur doit gérer un lourd endettement bancaire, source d’extrême rigueur, rappelle «Le Parisien» daté de lundi. Et pourtant. Ses actionnaires, le fonds d’investissement britannique Cinven et le cablô-opérateur luxembourgeois Altice, ont enregistré de beaux retours sur investissement.
 
Ce sont bien les seuls, à en croire le mécontentement des abonnés, qui ont porté l’affaire devant la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, des villes câblées, qui ont mis en garde l’opérateur, notamment sur le «respect des usagers du câble» et des salariés du groupe, qui ont subi la restructuration du groupe, avec 2.000 suppressions d’emplois chez Noos et chez Numéricable.
 
Les sous-traitants ne sont pas en reste, évincés les uns après les autres. L’un d’eux s’interroge dans le «Parisien». «Il y a quelques années encore, une bonne soixantaine d’entreprises travaillaient comme sous-traitants pour les cablô-opérateurs. Désormais, il n’en reste qu’une poignée. Où est passée la concurrence ?» Et comment le réseau est-il entretenu et renouvelé?
 
Changement d’actionnaires
 
Chez le cablô-opérateur, on assure que des efforts considérables sont en cours. Les dettes pourraient même être prochainement remboursées à l’occasion d’un changement d’actionnaires, le fonds d’investissement britannique Civen cédant tout ou partie de son acquisition dans les prochains mois. Avec quelques centaines de millions d’euros en poche.

En cinq ans, les actionnaires ont mis la main sur l’ensemble des réseaux câblés en rachetant une partie des réseaux alsaciens (EstVideocom), belge et luxembourgeois (Coditel), puis NC Numéricable, FT Câble, TDF Câble et enfin, en 2006, UPC-Noos.