Le burger commence à grignoter le sandwich

RESTAURATION RAPIDE Le sandwich chaud américain s’est imposé comme un rival incontournable de son cousin froid français…

C.P.

— 

Un burger baptisé «Zlatan»  dans un restaurant de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)
Un burger baptisé «Zlatan» dans un restaurant de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Jambon beurre ou cheese burger? Les Français ne veulent plus choisir. C’est ce que révèle une étude du cabinet NPD Group publiée à l’occasion de l’ouverture  ce mercredi à Paris du Sandwich & Snack Show, le rendez-vous européen de la restauration rapide et de la vente à emporter.

970 millions de burgers vendus en 2014

Si le sandwich sous toutes ses formes (baguette, panini, wraps) reste le poids lourd de la restauration rapide française avec un milliard d’unités vendues en 2014 (un niveau comparable à 2013), son hégémonie est de plus en plus sérieusement contestée.

Selon les relevés de NPD, les volumes de sandwichs vendus accusent une baisse de 10% depuis 2009, tandis que les ventes de burgers se sont, elles, envolées de 13% sur la même période, pour atteindre un record de 970 millions de burgers vendus, tous circuits confondus, en 2014.

Dans le détail, c’est le sandwich classique qui accuse le plus fort recul, tandis que les  segments des wraps et des paninis restent plutôt dynamiques (bien que relativement petits en volumes, soit 10% de la catégorie), note le cabinet.

Un burger «multi-cibles et multi-moments»

Parmi les principales explications avancées: la crise économique bien sûr mais pas seulement. Face à un marché du sandwich archi-dominé par le circuit de la restauration rapide (sandwicheries, boulangeries et GMS - grandes et moyennes surfaces - représentent trois quarts des ventes), le burger a su conquérir une clientèle et des points de ventes plus diversifiés.

«Le sandwich est un produit pour le déjeuner d’adultes, tandis que le burger profite de son positionnement multi-cibles et multi-moments», résume dans un communiqué Maria Bertoch, experte restauration au sein du  cabinet NPD Group .  

En clair: alors que 70% des sandwiches sont consommés pendant la pause déjeuner, 75% hors du lieu d’achat et 50% par des adultes, un burger sur deux est dégusté sur place et dans deux tiers des cas pas des clients de moins de 35 ans.

Enfin, le marché du burger a profité ces dernières années de l’arrivée en force de nouveaux acteurs: le développement des food trucks et le retour en force dans l’hexagone du spécialiste Burger King ont contribué a dopé sa croissance note NPD, tout comme les initiatives de restaurants traditionnels qui «proposent à leur tour des concepts mixtes, mêlant consommation sur place et vente à emporter,  comme Red d’Hippo de Hippopotamus ou Buffalo Burger de Buffalo Grill».