Bons résultats à l'international de la RATP, qui prépare ses candidatures pour le Grand Paris

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Une rame de métro traverse un pont parisien, le 29 avril 2012
Une rame de métro traverse un pont parisien, le 29 avril 2012 — Loic Venance AFP

La RATP a profité en 2014 des bons résultats de ses filiales, notamment à l'international, où elle espère faire au moins aussi bien en 2015, tout en préparant ses candidatures pour exploiter les futures lignes de métro du Grand Paris.

Ainsi, l'an passé, le groupe RATP a enregistré une croissance de 3% de son chiffre d'affaires (+3,4% en tenant compte de la nouvelle norme comptable en vigueur), qui s'élève à 5,3 milliards d'euros, et dont 17,4% en provenance des filiales RATP Dev, Systra, OpenTour, etc.

Leur contribution, qui atteint 914 millions d'euros (+13,7%), a triplé en six ans et «toutes les zones d'activités sont rentables», a détaillé la RATP. «Clairement, la progression d'activité du groupe, une fois de plus, est tirée par nos filiales», s'est félicité le président du groupe, Pierre Mongin, lors d'une conférence de presse, où il a salué une «année 2014 particulièrement dynamique».

Il a remarqué qu'en 2006, à son arrivée, la contribution des filiales n'était que de 1%. «Nous avons un objectif d'être à 30% en 2030», a-t-il souligné.

RATP Dev, qui construit et exploite des réseaux de transports en France et à l'étranger, réalise désormais plus de 70% de son activité hors de l'Hexagone. «L'international présente (...) d'importantes perspectives de développement, RATP Dev visant un taux de croissance au moins égal à celui de 2014 avec de nouveaux appels d'offres à Riyad, Singapour et Manille», selon M. Mongin.

Le bénéfice net du groupe RATP a atteint 298 millions d'euros en 2014, contre 304 millions en 2013 (293 millions d'euros en tenant compte des nouvelles normes comptables). A 5,7%, «on a une rentabilité du groupe qui nous situe toujours au plus haut niveau en Europe» parmi les entreprises de transport public, a souligné M. Mongin.

Toutefois, au terme de 2014, le groupe voit son résultat d'exploitation baisser de 1,9%, à 516 millions d'euros, en raison de «l'accroissement du poids des amortissements liés aux investissements très soutenus» en Ile-de-France, qui ont atteint le «niveau record» de 1,6 milliard d'euros, ainsi que des «coûts de développement de RATP Dev», a précisé la RATP.

- L’Ile-de-France, 'îlot de prospérité' des transports -

Le futur réseau de métro du Grand Paris, qui doit voir le jour progressivement à partir de 2019, fait partie des dossiers importants de 2015 pour le groupe, qui «ambitionne d’être un acteur majeur du futur réseau du Grand Paris».

L'exploitant des métros parisiens a déjà été sélectionné pour être gestionnaire d’infrastructures du futur réseau, et exploiter la ligne 14 prolongée vers le Nord et le Sud. Et il «prépare sa candidature à l'exploitation des futures lignes».

En Ile-de-France, région historique de la RATP, le trafic voyageurs a augmenté de 3% en 2014, atteignant 3,228 milliards de voyages, grâce notamment, selon la RATP, «à l'extension du réseau tramway, au renforcement du réseau bus, qui permet de desservir de nouveaux territoires, et aux mesures de dézonage pendant les week-ends et les vacances».

«Nous allons consolider et amplifier ces résultats en 2015 tout en conduisant des chantiers considérables: trois prolongements de lignes de métro et le renouvellement des voies du RER A, tout en menant les études pour la ligne 14 vers Orly et pour la ligne 11 vers Rosny Bois-Perrier», a indiqué M. Mongin.

Le patron de la RATP a fait valoir qu'au moment où de nombreuses collectivités territoriales ont tendance à resserrer leurs budgets, «l'Ile-de-France est encore aujourd'hui un îlot de prospérité dans le transport mondial, lié au caractère particulièrement dynamique de la ressource fiscale», via la contribution des entreprises («versement transport»).

Du coup, le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) «a pu avoir une politique très dynamique de croissance de l'offre», a noté M. Mongin, se disant «assez confiant sur la capacité du Stif (...) de pouvoir avoir une dynamique, encore quelques années, convenable».

La RATP explique toutefois que «de nombreux défis restent à relever, notamment en matière d'information voyageurs en situation perturbée imprévue, ou de régularité sur le RER A qui, bien qu’en progression (84,8% en 2014, en hausse d’un point en un an), demeure insuffisante».