«En Bourse, certaines valeurs sont à éviter quand on débute»

Interview Pour Guilhem Tranchant, de CMC Markets, la tendance haussière de la Bourse devrait se confirmer sur le long terme...

Propos recueillis par Agnès Chareton
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Un trader surveille le cours du CAC 40, dans un bureau parisien, le 16 août 2011
Un trader surveille le cours du CAC 40, dans un bureau parisien, le 16 août 2011 — Bertrand Guay AFP

Dopée par le lancement du programme de rachat de dettes par la Banque Centrale Européenne (BCE), qui a débuté lundi, la Bourse de Paris a brièvement franchi la barre des 5000 points mercredi. C'est un bon moment pour investir, estime Guilhem Tranchant, directeur commercial de CMC Markets France, car cette tendance haussière devrait se poursuivre jusqu'à la fin de l'année. Interrogé par 20 Minutes, il partage son analyse pour se lancer quand on débute.

>>Lire aussi : La Bourse de Paris en pleine forme après avoir franchi brièvement la barre des 5.000 points

Est-ce le bon moment pour les Français d’investir en Bourse ? 

Depuis quelques mois, on constate une tendance haussière qui se consolide dans la durée. Le lancement lundi du programme de rachat de dettes en zone euro est un bon signal pour les marchés. Ce programme devrait courir jusqu’en septembre 2016. Il a pour but de relancer l’inflation, de favoriser les conditions de crédit, d'injecter des liquidités dans l'économie réelle et par conséquent, de relancer la croissance. Les marchés l’attendaient depuis longtemps. Aux Etats-Unis, quand la Fed l’a lancé, les indices américains ont atteint par la suite des niveaux historiques. Cette semaine, le CAC 40 a atteint des niveaux qui n’ont pas été vus depuis 2008. C’est un bon moment pour se lancer en Bourse si on a vocation à investir sur le long terme, que ce soit sur des marchés actions traditionnels (Total, BNP Paribas, etc) ou sur des « trackers » (Fonds cotés en bourse) qui sont adossés à l’indice CAC40.

Vers quels produits se tourner quand on débute ? 

Il y a des valeurs à éviter et d’autres qui sont opportunes. Certaines valeurs liées au contexte économique sont à éviter quand on est novice, comme les valeurs énergétiques ou bancaires, assez volatiles. Les biotechnologies sont en revanche des secteurs porteurs. Ce sont des valeurs dynamiques, avec un potentiel de rendement un peu plus important que sur des poids lourds du CAC 40 comme EDF ou Orange. Par exemple, Genfit devrait annoncer des résultats sur des recherches en cours fin mars. S’ils sont positifs, le titre devrait largement en profiter. Aux Etats-Unis, il y a par exemple des valeurs comme Facebook ou Twitter qui sont assez dynamiques.

Sur combien de valeurs peut-on se positionner ? 

Il est impossible de se positionner sur 100 valeurs en même temps. Mieux vaut privilégier un nombre plus limité de titres. Quand on est débutant, mieux vaut se focaliser sur un secteur dans lequel on est à l’aise. Par exemple, LVHM si on s’intéresse au luxe, Total ou Vallourec dans le domaine des énergies, Facebook ou Twitter si on aime les nouvelles technologies. Ensuite, il faut suivre les annonces à venir, les perspectives de développement, les résultats d'entreprise et en fonction de ces informations, se positionner. Il y a des valeurs intéressantes en France mais il peut être parfois plus intéressant de se tourner vers d’autres marchés, comme des valeurs cotées aux Etats-Unis, en Allemagne ou en Angleterre, qui sont dynamiques. On peut également se positionner sur les marchés des pays émergents, comme l’Inde ou le Brésil. Ces pays ont des entreprises solides avec des potentiels de hauts rendements. 

Avec quel capital de départ peut-on se lancer ?

Il n’y a pas de « somme conseillée. » Mais se constituer un portefeuille diversifié, avec 100 euros, c’est compliqué. Il est possible de se constituer un petit portefeuille à partir de 2000 à 5000 euros. Sur les marchés actions, avec 10 000 euros, on commence à avoir un petit peu plus de marge de manœuvre. En se basant sur la tendance actuelle, sur les marchés européens, on peut espérer entre 10 à 15% de gains en quatre à six mois, sans prendre de risques inconsidérés. En prenant un peu plus de risques, on peut avoir des rendements de 20 à 30% à plus long terme. Quel que soit le capital de départ, il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Investir l’intégralité de son capital est le meilleur moyen de subir une perte si les marchés se retournent. Mieux vaut chercher d’autres opportunités. En cas de mauvaise aubaine, les marchés corrigeront et l’impact sur le portefeuille sera moins important. L’autre réflexe à avoir, c’est d’augmenter ses tailles de position graduellement.