Dividende de 12 cents par action EADS

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Dividende, parachutes dorés, soupçons de délits d'initiés, dissensions franco-allemandes: autant de sujets sensibles qui promettent une assemblée générale des actionnaires tendue vendredi à Amsterdam pour EADS, plombé par la crise d'Airbus.
Dividende, parachutes dorés, soupçons de délits d'initiés, dissensions franco-allemandes: autant de sujets sensibles qui promettent une assemblée générale des actionnaires tendue vendredi à Amsterdam pour EADS, plombé par la crise d'Airbus. — Sven Marquardt AFP/EADS

«Une provocation», selon François Hollande, premier secrétaire du PS. Vendredi à Amsterdam, les actionnaires du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS ont adopté à une majorité de 52,05% un dividende de 12 cents par action, montant maximal possible compte tenu du bénéfice net du groupe en 2006.
Une «provocation» de plus pour le socialiste, qui cite également la vente des actions par Lagardère, «la tentative de camouflage de la gravité de la situation (...) y compris par le gouvernement», les stock-options et l'indemnité de départ de Noël Forgeard ainsi que la prime de 2,88 euros aux salariés.

Assemblée générale vendredi

Le conseil d'administration n'avait pu tomber d'accord sur la question du dividende après la division par 16 du bénéfice, tombé à 99 millions d'euros en 2006, plombé par les pertes de sa filiale Airbus (-572 millions). Très inhabituellement, il a donc laissé le soin aux actionnaires indépendants de décider si ce bénéfice devait être distribué ou conservé par l'entreprise.

De justesse, à 52,05%, les actionnaires ont choisi un dividende de 12 centimes d'euro par action, le maximum possible, tandis que les votes des membres du pacte d'actionnaires (l’Allemand DaimlerChrysler, l’Etat français et Lagardère) n'étaient pas pris en compte. «Par solidarité avec l'ensemble des salariés d'Airbus», Arnaud Lagardère a affirmé qu’il renonçait au dividende revenant à Lagardère SCA, «soit environ 15 millions d'euros», de même que l'Etat français.
Une décision qui n'a pas calmé les salariés des usines Airbus de Nantes et St-Nazaire, en grève depuis une semaine.