USA: un juge américain interdit à Citigroup de payer les obligations argentines

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Affiche sur un mur de Buenos Aires, le 12 août 2014, contre les décisions du juge américain Thomas Griesa en faveur des "fonds vautours" qui ont spéculé sur la dette argentine en défault
Affiche sur un mur de Buenos Aires, le 12 août 2014, contre les décisions du juge américain Thomas Griesa en faveur des "fonds vautours" qui ont spéculé sur la dette argentine en défault — Leo la Valle AFP

Le juge américain Thomas Griesa a interdit jeudi à la banque Citigroup de procéder au paiement des intérêts sur les obligations argentines comme le souhaitait Buenos Aires.

Dans un jugement rendu à New York, il a affirmé que cela violerait les droits des fonds spéculatifs, catalogués par Buenos Aires comme «fonds vautours», auxquels il avait en 2014 donné raison dans le cadre du litige sur la dette argentine.

Le juge Griesa avait condamné l'Argentine à rembourser intégralement ces fonds et ordonné, en attendant, le blocage du paiement des créanciers réguliers du pays.

Citibank estimait toutefois ne pas être concernée par cette interdiction et affirmait être en droit de poursuivre ces paiements pour le compte de l'Argentine.

«Le tribunal rejette la demande de Citibank», le bras bancaire du groupe financier américain, a répondu le juge Griesa dans son jugement qui fait suite à une audience tenue le 3 mars.

Cette décision va empêcher Citigroup de procéder à la fin du mois au paiement des intérêts à valoir sur les obligations argentines.

«La décision du tribunal établit clairement que toute tierce partie qui essayerait d'aider l'Argentine dans son processus de paiement violerait les ordres de la cour», a réagi le porte-parole d'un des fonds vautours, NML Capital, dans un communiqué.

Le juge Griesa avait certes autorisé le paiement d'intérêts à trois reprises tout en maintenant son opposition au versement des 539 millions de dollars, bloqués depuis juillet 2014 sur un compte auprès de la Bank of New York (BoNY) par Buenos Aires.

Cet argent est destiné à rembourser les créanciers ayant accepté les deux restructurations de la dette argentine de 2005 et 2010 en consentant une décote de 70%.

Les fonds dits «vautours», qui avaient racheté des bons de la dette à prix cassés, ont, eux, refusé la restructuration de la valeur de ces bons et avaient saisi la justice américaine.

Le juge Griesa leur a donné gain de cause et ordonné le remboursement intégral et en priorité de leurs obligations, ce que Buenos Aires refuse.

En conséquence, l'Argentine a été déclarée en juillet 2014 en défaut de paiement partiel par les agences de notation Standard & Poor's et Fitch Ratings.

Début mars, le ministre argentin de l'Économie, Axel Kicillof, avait nommément critiqué le juge Griesa, l'accusant favoriser les fonds vautours et de participer à une «extorsion».