Croissance: l'Irlande de nouveau championne d'Europe

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La Banque d'Irlande à Dublin le 11 décembre 2013
La Banque d'Irlande à Dublin le 11 décembre 2013 — Peter Muhly AFP

L'Irlande a enregistré une croissance de 4,8% en 2014, la plus vigoureuse de toute l'Union européenne, une dynamique reprise pour l'ex-tigre celtique sauvé de la banqueroute il y a moins de cinq ans par un plan d'aide international.

Cette forte progression du produit intérieur brut (PIB), annoncée jeudi par l'institut irlandais des statistiques (CSO), place le pays nettement au-dessus de la moyenne de la zone euro, dont il est membre. Celle-ci a enregistré l'an dernier une croissance moyenne de 0,9%, d'après l'office européen des statistiques Eurostat.

L'année dernière a vu l'économie irlandaise connaître un puissant coup d'accélérateur, après avoir quasi stagné en 2013 (+0,2%), à l'image d'une croissance plutôt accidentée depuis les secousses de la crise financière de 2008-2009.

Cette année, le pays pourrait même connaître encore la croissance économique la plus rapide de toute l'UE: son PIB pourrait grimper de 3,5% d'après l'UE et de 3,9% d'après Dublin.

Si elle reste à confirmer, cette dynamique donne néanmoins déjà un bon bol d'air à une Irlande passée tout près du naufrage en 2010, lorsque le gouvernement avait dû voler au secours du secteur bancaire national ravagé par l'explosion d'une bulle immobilière après la crise financière. Quasi ruiné par ces lourdes dépenses de soutien et attaqué sur les marchés, Dublin avait alors dû se résoudre à recevoir une aide de 85 milliards d'euros de la part de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI).

- Croissance volatile -

Le pays est finalement passé par six années d'austérité budgétaire, dont il a commencé à s'extraire en octobre dernier, mais contrairement à d'autres membres de la zone euro ayant connus des difficultés financières, comme la Grèce, l'Irlande va désormais beaucoup mieux. Dublin est officiellement sorti du plan d'aide international en décembre 2013, retrouvant quelques marges de manoeuvre, et s'est même payé le luxe de rembourser par avance des sommes dues à ses bailleurs de fonds internationaux en empruntant à des taux plus intéressants sur les marchés.

«L'Irlande a bénéficié de ses liens commerciaux très proches avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, deux des principaux moteurs de la croissance mondiale ces douze derniers mois», ce qui a dopé ses exportations et donc sa croissance l'an dernier, a souligné Alan McQuaid, économiste chez Merrion Stockbrokers, qui a aussi mis en exergue «des gains de compétitivité face au reste de la zone euro ces dernières années».

«Mais l'aspect le plus encourageant de cette reprise, c'est le rebond de la demande intérieure (une première depuis 2010, NDLR), ce qui est de bon augure pour 2015. La chute de l'euro va constituer aussi un énorme avantage pour l'Irlande», a-t-il ajouté, car elle va doper la compétitivité des industries basées dans ce pays vis-à-vis de leurs concurrentes installées dans des pays dotés d'autres monnaies, comme le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

Les chiffres de la croissance de l'Irlande, qui a ralenti lors des derniers mois de 2014, sont toutefois à prendre avec certaines précautions: ils sont très volatils, d'une part en raison de la taille relativement modeste de son économie, mais aussi, et surtout, du fait de la présence importante sur son sol d'entreprises multinationales des secteurs de la pharmacie et des nouvelles technologies, dont les résultats financiers sont très sensibles à la conjoncture.