Fed: Deutsche Bank et Santander recalés aux tests de résistance

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La façade du siège de la Réserve fédérale américaine à Washington, en 2008
La façade du siège de la Réserve fédérale américaine à Washington, en 2008 — Karen Bleier AFP

Les filiales américaines des banques allemande Deutsche Bank et espagnole Santander ont échoué aux tests de résistance annuels de la Réserve fédérale (Fed) que Bank of America a réussi «sous conditions», selon des résultats publiés mercredi.

Instaurés en 2009 après la crise financière, ces tests évaluent le degré de résistance de 31 géants bancaires opérant aux Etats-Unis en cas de grave crise financière cumulant récession profonde et une flambée du taux de chômage américain à 10%.

Ces grands établissements avaient tous franchi la première phase de ces tests, publiée jeudi dernier et portant sur leur niveau de capital. La deuxième phase, dévoilée mercredi, intégrait à ces calculs l'impact des plans de redistribution de leur capital (dividendes, rachats d'actions...).

«Notre examen (...) permet de s'assurer que les plans de distribution de capital ne vont pas compromettre leur capacité à continuer à prêter aux entreprises et aux ménages même pendant une période de graves tensions financières», a expliqué Daniel Tarullo, le gouverneur de la Fed en charge de la régulation financière, dans un communiqué.

Avec seulement deux recalés, le cru 2015 s'avère plus rassurant pour les autorités financières puisque cinq établissements bancaires, dont l'américaine Citibank, avaient été épinglés l'année dernière. La Fed avait, en conséquence, rejeté leur plans de redistribution de leur capital et exigé leur modification.

- Feu orange pour Bank of America -

Cette année, l'ensemble des grandes banques américaines ont échappé au carton rouge même si le couperet n'est pas tombé très loin.

Bank of America a ainsi dû se contenter d'une approbation «sous conditions»: elle pourra redistribuer ses liquidités comme elle l'entend mais devra combler des «lacunes» et «faiblesses» dans son mode de fonctionnement d'ici fin septembre.

De leur côté, les trois grandes banques d’investissement américaines --JPMorgan Chase, Morgan Stanley, Goldman Sachs-- ont certes reçu l'onction de la Fed mais ont dû, pour cela, soumettre en urgence de nouveaux plans de distribution du capital après avoir réussi de justesse la première phase des tests de la Fed.

Selon le rapport publié mercredi, les filiales américaines des deux banques européennes recalées par la Fed ne l'ont pas été parce que leur niveau de capitaux s'effondrerait en cas de grave récession mais pour des raisons purement «qualitatives» tenant à des lacunes dans leur fonctionnement.

Epinglée comme en 2014, Santander Holding USA se voit ainsi reprocher des «failles cruciales» dans son plan de distribution du capital. «Des défauts précis ont été identifiés dans un nombre de domaines-clés tels que la gouvernance, les contrôles internes, l'identification des risques», écrit la Réserve fédérale.

«Il y aura une attention particulière» sur cette banque, a affirmé un dirigeant de la banque centrale américaine sous couvert de l'anonymat, excluant toutefois toute sanction automatique en raison de cette récidive.

«Nous avons encore un important travail à faire avant de répondre aux attentes des régulateurs», a concédé dans un communiqué Santander USA.

Egalement recalée par la Fed, la Deutsche Bank Trust Corporation est elle épinglée pour la «complexité» de ses activités et de «nombreuses lacunes» dans le processus d'identification des risques, selon le rapport.

Rappelant que sa filiale américaine ne gérait que 5% de ses actifs mondiaux, la banque allemande, qui participait pour la première fois aux tests de la Fed, a indiqué être déterminée à «renforcer et améliorer son processus de distribution du capital».

La banque a également affirmé avoir embauché 500 personnes aux Etats-Unis pour contrôler ses activités aux Etats-Unis.

En vertu de la loi de régulation de Wall Street votée en 2010, l'ensemble des banques opérant aux Etats-Unis et gérant au moins 50 milliards de dollars d'actifs sont soumises à l'évaluation annuelle de la Fed.

«Les plus grandes banques continuent de renforcer leur niveau de capital et d'améliorer leur capacité à prêter aux ménages et aux entreprises» en période de crise sévère, avait indiqué la Fed après la première phase de tests.