BNP Paribas: une page se tourne avec le départ de M. Pébereau du conseil d'administration

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Le président de BNP Paribas, Michel Pebereau, à Paris le 11 mai 2011
Le président de BNP Paribas, Michel Pebereau, à Paris le 11 mai 2011 — Eric Piermont AFP

BNP Paribas va tourner une page importante de son histoire avec le départ en mai de son conseil d'administration de Michel Pébereau, l'artisan de la création de la banque française dans sa forme actuelle.

Le mandat de M. Pébereau, 73 ans, arrive à échéance lors de la prochaine assemblée générale du 13 mai et sa reconduction ne figure pas parmi les résolutions publiées mercredi.

«Michel Pébereau, qui attache beaucoup d'importance aux limites d'âge, estime qu'il n'est pas souhaitable de renouveler son mandat d'administrateur à l'âge de 73 ans», a déclaré à l'AFP une porte-parole de BNP Paribas.

A l'inverse, les prolongations de trois autres mandats arrivant à leur terme, ceux de l'ancienne présidente du Medef Laurence Parisot, du PDG du réassureur Scor Denis Kessler et du PDG du fabricant et distributeur de matériaux de construction Saint-Gobain Pierre-André de Chalendar, sont elles soumises au vote des actionnaires.

Après la prochaine assemblée générale, le conseil d'administration de la banque française comptera donc quatorze membres et devrait respecter la parité hommes/femmes.

Choisi par René Thomas pour lui succéder à la tête de la Banque nationale de Paris en 1993, Michel Pébereau est l'artisan de la mise sur pied de BNP Paribas, devenue l'une des grandes banques mondiales, en arrachant Paribas au nez et à la barbe de Société Générale en 1999 au terme d'une bataille mémorable, durant laquelle il tenta aussi de s'emparer de la banque au logo rouge et noir.

- Fan de SF -

Son départ intervient quelques mois après celui d'une autre figure emblématique du groupe, Baudouin Prot, qui avait quitté la banque fin 2014.

M. Prot fut directeur général de BNP Paribas quand M. Pébereau en était le président, avant de lui succéder à ce poste en 2011.

Le duo a radicalement transformé le groupe bancaire français, l'engageant aussi sur la voie des conquêtes à l'international avec les rachats des groupes italien BNL en 2006 et belge Fortis en pleine crise financière.

Courtois selon les uns, impitoyable pour d'autres, Michel Pébereau a également connu quelques échecs, à l'image de l'OPA ratée sur Indosuez ou encore les fusions avortées avec le CIC et le Crédit Lyonnais.

«C'est un homme brillant qui force le respect» mais qui peut être aussi «d'une dureté mémorable», confiait de lui un banquier.

Sorti de l'exécutif de BNP Paribas depuis 2003, avec un carnet d'adresses admirablement fourni, Michel Pébereau s'est changé un temps en apporteur d'affaires pour le compte de son groupe et a été depuis régulièrement consulté par les autorités monétaires et financières internationales.

A plusieurs reprises, il a décliné des fonctions politiques. Son début de carrière a pourtant été marqué par l'engagement public. Polytechnicien et ancien élève de l'ENA, il a effectué des passages en cabinet ministériel et à la direction du Trésor, avant de rejoindre le Crédit commercial de France (CCF) en 1982.

Mélomane, pianiste à ses heures, Michel Pébereau est également un grand amateur de science-fiction.

Auteur de chroniques sur le sujet, il passe une partie de son temps libre à chiner pour compléter son importante collection, probablement l'une des plus grandes de France.

Selon le Financial Times, M. Pébereau devrait tout de même conserver son titre de président d'honneur de BNP Paribas, ainsi qu'un bureau au siège du groupe à Paris.