La Bourse de Paris en pleine forme après avoir franchi brièvement la barre des 5.000 points

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Le Palais Brongniart à Paris, place de la Bourse à Paris
Le Palais Brongniart à Paris, place de la Bourse à Paris — Fred Dufour AFP

La Bourse de Paris a franchi brièvement mercredi le seuil symbolique des 5.000 points avant de terminer en hausse de 2,37%, électrisée par les marques de confiance données par la Banque centrale européenne (BCE) en son vaste programme de rachats d'actifs lancé en début de semaine.

L'indice CAC 40 a gagné 115,80 points à 4.997,75 points, dans un volume d'échanges nourri de 4,7 milliards d'euros, terminant à son plus haut niveau depuis mai 2008. La veille, l'indice avait perdu 1,12%.

Parmi les autres marchés européens, Francfort a gagné 2,66% et Londres 0,28%. Par ailleurs, l'Eurostoxx 50 s'est apprécié de 2,31%.

La cote parisienne s'est affichée dans le vert dès l'ouverture et a accentué sa progression dans la matinée. La tendance positive s'est maintenue après l'ouverture de Wall Street, où la montée des indices était beaucoup plus timide, et s'est de nouveau emballée peu avant la clôture.

Les indices ont été portés par des propos du président de la BCE Mario Draghi, qui «n'a rien dit de très nouveau mais a confirmé l'engagement et la confiance de la BCE en (son programme d'assouplissement monétaire) QE», souligne Andrea Tuéni de Saxo Banque.

Ce programme de rachat de dettes publiques, basé sur le modèle de la Banque d'Angleterre ou de la Réserve fédérale américaine, a bien démarré lundi, avec 3,2 milliards d'euros de titres acquis au premier jour de l'opération. Le montant total doit atteindre quelque 1.140 milliards d'euros d'ici septembre 2016.

Depuis l'annonce de ce programme le 22 janvier, la cote parisienne connaît une ascension continue. Ce jour-là, elle avait ouvert à 4.486,76 points.

La BCE «a aussi rappelé qu'il n'y aurait aucune difficulté a trouver où placer les soixante milliards qui sont injectés tous les mois», souligne M. Tuéni.

«Ces propos sont les mêmes que lors de la conférence de presse (jeudi dernier) mais ils ont suffi à redonner un coup de boost au marché, à lui permettre de repartir de l'avant alors qu'on a eu un début de semaine un peu poussif» marqué par deux séances dans le rouge.

Dans ce contexte, on constate une «accélération baissière de l'euro par rapport au dollar» que certains interprètent comme un signe de bon augure pour les entreprises exportatrices, souligne Renaud Murail, un gérant de Barclays Bourse.

A cela s'ajoute «un baril de pétrole qui a beaucoup de mal à tenir», ce qui constitue «un énorme ballon d'oxygène pour l'Europe», remarque Xavier de Villepion, un vendeur d'action chez HPC.

Ces éléments bénéfiques à la Bourse ont permis aux investisseurs de reléguer au second plan, au moins temporairement, l'inquiétude liée aux énièmes tractations sur la dette grecque.

Après un mois et demi de discussions, le nouveau gouvernement grec de gauche Syriza s'est finalement décidé à entamer les discussions mercredi avec ses créanciers sur les réformes qu'il envisage, avec une première entrevue à Bruxelles entre les hauts fonctionnaires d'un nouveau quintet baptisé «Groupe de Bruxelles» par Athènes et composé du gouvernement grec, de l'Union européenne (UE), de la Banque centrale européenne (BCE), du Mécanisme européen de stabilité (MES) et du Fonds monétaire international (FMI).

Du côté des valeurs, le renchérissement du billet vert a profité à Airbus (+4,33% à 61,43 euros), Safran (+2,53% à 67,75 euros) et Essilor (+1,86% à 106,65 euros).

Areva (-0,38% 8,83 euros) n'a pas beaucoup réagi à l'annonce de la suppression de 1.500 postes en Allemagne entre 2015 et 2017.

JCDecaux, qui a vendu une partie des actions détenues par la holding familiale JCDecaux, a chuté de 4,48% à 32,40 euros. Il se rapproche ainsi mécaniquement du prix auquel il a proposé ses titres.

Dans la biopharmacie, le groupe de diagnostic in-vitro BioMérieux a cédé 2,46% à 93,83 euros après avoir publié pour la troisième année consécutive une baisse de son bénéfice net.

Les résultats d'Haulotte Group, qui a multiplié par trois son bénéfice net en 2014, ont été beaucoup mieux accueillis (+8,16% à 15,50 euros).

Séché Environnement a pris 4,91% à 29,49 euros. Le groupe veut se lancer dans le traitement des déchets faiblement radioactifs et créer une nouvelle branche dédiée à cette activité, baptisée «Séché Energies».

Rémy Cointreau, bénéficiant d'un relèvement de recommandation à «acheter» contre «neutre» auparavant par Goldman Sachs, a grimpé de 4,37% à 68,50 euros.

Dassault Aviation, qui a dévoilé un bénéfice net en baisse en 2014 en raison du recul des livraisons de jets d'affaires Falcon, s'est apprécié de 0,79% à 1.270,00 euros.

Euronext (CAC 40)