SNCF: Les TGV low cost Ouigo à la conquête de l’ouest

TRANSPORT La ligne Paris-Nantes est annoncée pour fin 2016. Suivront Paris-Rennes et Paris-Bordeaux en 2017…

Fabrice Pouliquen

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Paris le 19 fevrier 2013. Presentation du nouveau train  TGV Oui Go Low Cost de la SNCF avec Guillaume Pepy president de la SNCF. Arrivee en gare de Lyon.
Paris le 19 fevrier 2013. Presentation du nouveau train TGV Oui Go Low Cost de la SNCF avec Guillaume Pepy president de la SNCF. Arrivee en gare de Lyon. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Guillaume Pépy, patron de la SNCF, l’avait évoqué début mars dans le cadre de l’émission «On n’arrête pas l’éco», organisée par France Inter, iTélé et Les Echos. Rachel Picard, directrice de Voyages SNCF, l’a redit ce mercredi midi à l’occasion d’un point-presse sur le bilan de ses 100 premiers jours dans ses nouvelles fonctions: la compagnie ferroviaire va développer son offre Ouigo à partir de fin 2016.

A quand Lille et Strasbourg?

Ces TGV low-cost circulent depuis avril 2013 mais jusqu'à présent uniquement à destination des villes du sud-est. A savoir Lyon, Valence, Avignon, Aix-en-Provence, Marseille, Nîmes et Montpellier. Dès fin 2016, ce réseau se dotera d’une ligne Paris-Nantes. Puis, dans le courant de l’année 2017, s’ajouteront les lignes Paris-Rennes et Paris-Bordeaux. 

«Nous songeons également à ouvrir d’autres lignes, en direction du nord et de l’est», ajoute Rachel Picard. En direction de Lille ou de Strasbourg? La directrice de Voyages SNCF se garde bien de citer ces deux villes. «Mais oui, l’idée sera de s’en approcher», précise-t-elle.

Ouigo fait le job

Si la SNCF veut étendre son offre de TGV, c’est que Ouigo fait le job depuis son lancement. En deux ans, ces trains low-cost ont transporté 5,5 millions de voyageurs et, en 2014, ils affichent un chiffre d’affaires en hausse de 80%. Ils s’inscrivent surtout bien dans la nouvelle stratégie économique de la compagnie ferroviaire. Puisque le panier moyen des voyageurs baisse, «nous cherchons la croissance en augmentant le trafic, résume Rachel Picard. Or, ces Ouigo apportent 50% de nouveaux clients, qui n'auraient pas pris le train autrement. Surtout, ils permettent un meilleur taux d’utilisation des rames. Elles tournent de 50 à 60% de temps en plus dans une journée par rapport à ligne classique.»

Massy et Roissy, les deux gares franciliennes de ces nouveaux Ouigo

Mais avant de conquérir l’ouest, la SNCF doit trouver en Île-de-France une gare de départ et d’arrivée à ces nouvelles lignes Ouigo. Marne-La-Vallée, d’où partent dejà les Ouigo vers le sud-est, arrive en effet à saturation. «L’idée est de faire partir les nouvelles lignes des gares SNCF de Roissy et de Massy», indique Rachel Picard. Mais la compagnie ferroviaire cherche une gare francilienne, aujourd’hui peu utilisée, pour faire partir à terme les ouigo à destination de Nantes, Bordeaux et Rennes. «A l’horizon 2020», précise Rachel Picard.

La SNCF impactée par la nouvelle concurrence des autocars
Au cours de cette conférence, Rachel Picard est aussi revenu sur la nouvelle concurrence des autocars rendue possible par la loi Macron. La SNCF sera impactée a reconnu sans détour la directrice de Voyages SNCF. Elle anticipe une perte anticipée de chiffre d'affaires annuel de 150 millions d'euros pour le TGV et de 50 millions pour les trains intercités du fait de cette nouvelle concurrence à venir.