Pétrole: Plus du quart des raffineries européennes fermera d'ici 2040

CARBURANTS Total avait accusé, à lui seul, 200 millions d'euros de pertes sur ses cinq raffineries françaises en 2014...

20 Minutes avec agences

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Le premier raffineur indépendant en Europe, Petroplus, qui s'est vu retirer un crédit jugé "indispensable" au bon fonctionnement de ses opérations, a indiqué mardi qu'il ne disposait que de quelques jours pour sécuriser le fonctionnement de ses cinq raffineries.
Le premier raffineur indépendant en Europe, Petroplus, qui s'est vu retirer un crédit jugé "indispensable" au bon fonctionnement de ses opérations, a indiqué mardi qu'il ne disposait que de quelques jours pour sécuriser le fonctionnement de ses cinq raffineries. — Francois Guillot afp.com

L'activité de raffinage de pétrole en Europe devrait connaître une sévère restructuration qui se traduira, d'ici à 2040, par la fermeture de 25% à 30% des sites. C'est l'estimation que vient de formuler Francis Duseux, le président de l'Ufip (Union française des industries pétrolières), lors d'une conférence de presse sur le bilan annuel de l'industrie pétrolière française. En d'autres termes, 20 à 30 des 79 raffineries (contre 101 en activité en 2007) actuellement en activité dans l'Union européenne devraient, selon lui, fermer leurs portes durant les vingt-cinq années à venir.

Un taux d'utilisation tombé à 79% en 2013

Des raffineries européennes qui souffrent depuis plusieurs années de la baisse de la demande de produits pétroliers finis en Europe, en particulier d'essence, et leur taux d'utilisation est tombé à 79% en 2013, contre 89% en 2005.

Par ailleurs, la marge brute des raffineries européennes s'est ainsi établie à 22 euros par tonne en 2014, contre 20 euros environ entre 2009 et 2013, quand il faudrait 30 euros par tonne pour équilibrer les coûts, estime Francis Duseux.

Une réglementation jugée pénalisante

Le secteur subit aussi une concurrence accrue des autres zones géographiques. L'Inde et l'Arabie Saoudite ont, par exemple, augmenté leurs capacités de raffinage, tandis que les Etats-Unis, soutenus par le boom des hydrocarbures de schiste, ont, quant à eux, fortement réduit leurs importations de produits pétroliers, commençant même à exporter leur production.

Mais Francis Duseux met également en cause la réglementation, qu'il juge pénalisante à un point tel que, selon lui, certaines compagnies préféreront fermer des sites plutôt que d'effectuer les investissements exigés par la directive européenne sur les émissions industrielles.

«Aucun site industriel» français ne serait fermé

Interrogé sur les pertes du secteur en France, le président de l'Ufip a rappelé que Total avait accusé, à lui seul, 200 millions d'euros de pertes sur ses cinq raffineries françaises en 2014, et que le groupe pétrolier représentait environ 50% des capacités de raffinage du pays.

Petite note d'optimisme toutefois, pour l'activité pétrolière française, Francis Duseux affirme qu'«aucun site industriel» ne serait fermé en France. Un pays qui compte, au-delà de Total, quatre autres raffineries, deux détenues par Esso, filiale française du géant pétrolier américain ExxonMobil, celle de Lavéra (Bouches-du-Rhône), propriété de Petroineos, et enfin celle de Berre (Bouches-du-Rhône), détenue par LyondellBasell, en cours de fermeture.

 

(1). Total a annoncé, en février, la suppression de 30% des effectifs de sa raffinerie anglaise de Lindsey et fera des annonces «au printemps» concernant ses raffineries françaises.