La Grèce et ses créanciers commencent à faire leurs comptes

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Photographie prise le 5 mars 2015 d'une peinture murale sur un immeuble de Salonique, montrant les ruines d'un temple grec dont les colonnes étaient faites de monnaies d'un euro
Photographie prise le 5 mars 2015 d'une peinture murale sur un immeuble de Salonique, montrant les ruines d'un temple grec dont les colonnes étaient faites de monnaies d'un euro — Sakis Mitrodilis AFP

Les discussions techniques sur la suite à donner au plan de soutien financier pour Athènes débutaient mercredi après-midi à Bruxelles entre des hauts fonctionnaires grecs et des représentants des créanciers du pays, a annoncé mardi la Commission européenne.

Ces négociations visent à "avancer sur le détail des réformes" qu'Athènes s'est engagé à mener avec ses bailleurs de fonds, a indiqué une porte-parole de la Commission, Mina Andreeva, lors d'un point de presse.

Elle s'est refusé à donner plus de détail, invoquant la nécessité de discussions tenues "dans le calme et une atmosphère non politisée, afin que le travail soit fait". Athènes a indiqué que la réunion débuterait à 13H00 GMT.

"Il s'agit d'un effort commun pour assurer le succès de la zone euro", a assuré Mme Andreeva, précisant que le "calendrier dépendra des progrès faits", en vue d'un accord entre Athènes et ses créanciers au plus tard fin avril.

Cette première série de contacts, qui "doit durer un ou deux jours", vise à "faire le point" sur la situation financière grecque, et "déterminer "le cadre de la suite du travail", a précisé une source proche des négociations.

Selon elle, participeront notamment aux discussions Declan Costello pour la Commission européenne, Klaus Masuch pour la BCE et Rishi Goyal pour le FMI, soit les chefs de mission de la "troïka" honnie par les Grecs, que leurs partenaires de la zone euro ont accepté de rebaptiser "institutions".

Des représentants du Fonds de soutien de la zone euro, le MES, se joindront aux discussions, menées côté grec par le secrétaire général du ministère des Finances, Nikos Theoharakis.

"Au cours des discussions, il pourra être décidé que des experts des +institutions+ aillent à Athènes, selon les besoins", a précisé cette source.

Les négociations à Bruxelles, vont être "soutenues par des contacts supplémentaires à Athènes", a confirmé Mme Andreeva. Mais elle s'est là aussi refusé à tout détail, au vu de la sensibilité de la question pour les Grecs.

Le gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras, qui se prévaut d'avoir mis fin à la "tutelle" de la troïka sur le pays, ne cesse de batailler pour éviter une mission en bonne et due forme du trio des institutions dans la capitale grecque.

Du côté de ses partenaires, pas question toutefois de renoncer aux visites sur place: "Peut-on travailler sans jamais mettre les pieds en Grèce, non! Donc des techniciens iront", a rappelé lundi le ministre français des Finances, Michel Sapin.

"Nous avons des experts à Athènes tout le temps", a rappelé mercredi la porte-parole de la Commission chargé des affaires économiques, Annika Breidthardt.

En vertu de l'accord trouvé fin février, Athènes doit présenter une liste de réformes à faire valider par ses créanciers d'ici fin avril, afin d'obtenir l'aide suspendue depuis l'été, d'environ sept milliards d'euros.

Mais le pays s'est jusque-là enlisé dans "des discussions sur qui rencontre qui et où", avait déploré lundi le chef de la file de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem, y voyant "une perte complète de temps".