Le rebond de Wall Street reste timide, faute de signe de faiblesse du dollar

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Façade de la Bourse de New York, sur Wall Street
Façade de la Bourse de New York, sur Wall Street — Stan Honda AFP

Le rebond des marchés boursiers américains restait timide mercredi à la mi-journée, faute de voir le moindre signe de faiblesse du côté du dollar: le Dow Jones prenait 0,26% et le Nasdaq 0,10%.

Vers 16H00 GMT, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average gagnait 45,80 points à 17.707,74 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 4,79 points à 4.864,58 points, après avoir provisoirement perdu du terrain.

L'indice élargi S&P 500, jugé le plus représentatif par nombre d'investisseurs, prenait 0,12%, soit 2,53 points, à 2.046,69 points.

«Nous avons un peu rebondi, dans l'espoir que le marché avait trop vendu» mardi, a commenté Art Hogan, chez Wunderlich Securities.

Mais sur le fond «on pense au dollar plus fort, cela reste le catalyste» des mouvements du marché, a commenté Art Hogan chez Wunderlich Securities.

Avec un euro au plus bas depuis douze ans face au dollar, 1,0574 dollar pour un euro, et sachant que les entreprises du S&P 500 réalisent environ 40% de leurs ventes à l'étranger, les inquiétudes du marché persistent.

Aussi Patrick O'Hare, chez Briefing.com, prédisait-il mercredi que Wall Street suivrait désormais davantage les mouvements du dollar que celui du marché du pétrole comme naguère.

C'est déjà patent, note M. Hogan. Historiquement la corrélation entre Wall Street et le marché des changes est négligeable, mais «depuis le début de l'année, on a eu 27 jours d'échanges où le dollar était en hausse, et pendant 19 de ces jours le S&P500 s'est inscrit en baisse».

Cette corrélation est, selon lui, principalement liée à la vitesse de l'essor du dollar, plus qu'à sa valeur absolue qui reste loin de ses sommets historiques. «Nous assistons à la hausse la plus rapide du dollar depuis 40 ans (...), c'est ce qui provoque des bouleversements sur les marchés», a-t-il dit.

De la même façon, au deuxième semestre 2014, c'est moins le prix du brut en lui-même qui se répercutait sur l'évolution du S&P500 que la vitesse de sa chute, selon lui.

Globalement, M. O'Hare jugeait que Wal Street avait fait preuve jusqu'à présent d'une bonne résistance face aux inquiétudes suscitées par le dollar: «C'est un signe que les choses vont bien depuis longtemps» quand on parle de chute du marché alors qu'il ne cède qu'un peu plus de 1,7% comme mardi, notait-il.

Le secteur financier rebondissait après des pertes la veille et alors que la Réserve fédérale (Fed) se préparait mercredi à valider ou non les projets d'utilisation des liquidités des grandes banques.

Parmi les banques que la rumeur donne potentiellement critiquées, Goldman Sachs regagnait 1,34% à 185,15 dollars et JPMorgan Chase 0,63% à 60,34 dollars. Bank of America reprenait 1,36% à 16,01 dollars et Citigroup 2,06% à 52,29 dollars.

Google, en quête d'un nouveau directeur financier après que le Canadien Patrick Pichette eut annoncé mardi son intention de prendre sa retraite, prenait 0,44% à 562,31 dollars.

Apple, victime d'une panne sur plusieurs de ses services, perdait 0,89% à 123,40 dollars.

L'opérateur télécoms AT&T perdait 0,34% à 32,67 dollars alors qu'il a annoncé mardi soir qu'il devrait passer une charge de 130 millions de dollars dans ses comptes en raison du succès d'un plan de départs à la retraite.

Après l'annonce par Sony d'une offre en streaming (flux continu) indépendante des bouquets câblés ou satellitaire, le câblo-opérateur Comcast reculait de 0,55% à 58,38 dollars.

Le marché obligataire était hésitant. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans progressait à 2,130%, contre 2,122% mardi soir, et celui à 30 ans reculait à 2,709%, contre 2,729% précédemment.

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