Déficit: Pierre Moscovici enjoint la France à «continuer» les réformes

ECONOMIE Il écarte par ailleurs l'idée de sanction contre la France, du moins à court terme...

20 Minutes avec AFP

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Le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, le 25 février 2015 à Bruxelles
Le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, le 25 février 2015 à Bruxelles — John Thys AFP

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a estimé mercredi sur France Info qu'«il faut continuer» les réformes en France, notamment sur le marché du travail, alors que Bruxelles a octroyé un nouveau délai de deux ans à la France pour respecter les règles européennes.

S'il s'est fait la voix de la Commission européenne, l'ex-ministre de l'Economie a également récusé que la France soit le «mauvais élève de l'Europe», tout en reconnaissant «qu'en matière de déficit, la France a une performance qui est loin d'être la meilleure de la zone euro».

Il réclame un «plan de réformes détaillé, ambitieux»

«Oui, il y a des réformes qui sont faites, et je veux le souligner ici, indéniablement, la loi Macron c'est une réforme importante, la réforme territoriale», a-t-il insisté. Importante, mais pas suffisante? «Il faut continuer», a-t-il confirmé, sans vouloir donner des pistes de réformes à mener. «Je dirais simplement que le 18 février, il y a peu de jours, le gouvernement a adopté une communication en conseil des ministres qui indique ce que sont les grandes têtes de chapitre, et effectivement il y a le dialogue social, il y aura sans doute des réformes à prendre sur le marché du travail, mais encore une fois ce n'est pas à la Commission de dicter à la France son comportement», a-t-il poursuivi.

Dans un entretien au Figaro mercredi, l'ancien ministre français juge que l'effort de réformes en France est «indéniable» mais «pas suffisant pour réduire les déséquilibres de l'économie». Il y réitère son appel à un «plan de réformes détaillé, ambitieux», un «agenda législatif en somme, qui précisera quand et comment les réformes seront présentées, au Conseil des ministres et puis au Parlement».

«Sanctionner est une erreur»

Interrogé à la radio sur de possibles sanctions à venir, Pierre Moscovici a rejeté les accusations de «laxisme», jugeant la décision d'octroyer un nouveau délai, «juste» par rapport aux règles européennes.

«Sanctionner est une erreur. De la part de la Commission, cela montrerait qu'elle ne réussit pas à convaincre, et de la part du gouvernement, cela montrerait qu'il ne réussit pas à réformer. Donc on va essayer d'éviter les sanctions, mais je suis obligé de dire, comme gardien des règles européennes, qu'elles existent», a-t-il déclaré.

Les ministres européens des Finances ont approuvé mardi la recommandation de la Commission européenne accordant à la France deux années supplémentaires, soit jusqu'en 2017, pour ramener son déficit public sous la barre des 3% du PIB, malgré quelques grincements de dents de ses partenaires.