Les rachats de dettes de la BCE bien partis, 3,2 mds EUR acquis au 1er jour

© 2015 AFP

— 

Le nouveau siège de la BCE le 24 février 2015 à Francfort, en Allemagne
Le nouveau siège de la BCE le 24 février 2015 à Francfort, en Allemagne — Daniel Roland AFP

Le vaste programme de rachat de dettes publiques de la Banque centrale européenne (BCE) a démarré lundi sur de bons rails, avec 3,2 milliards d'euros de titres acquis au premier jour de l'opération, a déclaré mardi Benoît Coeuré, membre de son directoire.

Lundi, «la BCE et les banques centrales nationales de la zone euro ont acheté 3,2 milliards d'euros d'obligations du secteur public, mettant le programme sur le bon chemin pour atteindre un total de 60 milliards de rachats de dettes publiques et privées en mars», soit l'objectif que s'est fixé chaque mois l'institution, a déclaré M. Coeuré lors d'un colloque bancaire à Francfort.

Fin janvier, la BCE avait annoncé la mise en oeuvre de ce vaste programme de rachats de dettes publiques et privées, sur le modèle de la Banque d'Angleterre ou de la Réserve fédérale américaine, afin de relancer la très faible dynamique des prix en zone euro. Au total, l'institution de Francfort entend racheter quelque 1.140 milliards d'euros d'ici septembre 2016.

Dans le détail, les achats de dettes publiques - qui comprennent des obligations d'Etats et d'institutions européennes - devraient avoisiner chaque mois 50 milliards d'euros, et ceux de dettes privées 10 milliards.

A l'instar du président de l'institution Mario Draghi, M. Coeuré a estimé «que pour le moment, il n'y a pas de signe» que la BCE et les banques centrales nationales de la zone euro ne puissent pas racheter les montants prévus.

«Il y aura un prix auquel nous pourrons acheter les quantitées demandées pour atteindre nos objectifs», a précisé le banquier central, jugeant infondées les craintes d'un tarissement des titres éligibles disponibles.

«En d'autres termes, nous aurons peut-être à faire face à une rareté des obligations, mais pas à un manque. La rareté est un fait et non un problème en soi», a-t-il poursuivi.

M. Coeuré a par ailleurs réaffirmé le souhait de l'institution d'être «neutre». Ce qui signifie que, «alors même que nous voulons faire bouger les prix, nous ne voulons pas supprimer le mécanisme de formation des prix», a-t-il affirmé.

Pour ce faire, la banque centrale entend garantir un «haut degré de transparence» autour de ses interventions, en publiant chaque semaine le montant total des titres rachetés, ainsi qu'un compte-rendu plus détaillé de ces opérations tous les mois.

Les mesures annoncées par la BCE vont profiter à la croissance et «contribuer à ramener l'inflation vers un niveau inférieur mais proche de 2%», l'objectif de la BCE en terme de hausse des prix, avait assuré jeudi M. Draghi.

En février, les prix ont reculé de 0,3% sur un an, après un repli de 0,6% en janvier, chute des cours du pétrole oblige. Cette dynamique négative, qui a incité l'institution à sortir les grands moyens, alimente les craintes d'un scénario de déflation, spirale auto-entretenue de baisse des prix et des salaires jugée néfaste pour l'économie et dont il est très difficile de s'extraire.