Freebox mini 4K: Beaucoup de bruit pour pas grand chose?

TECHNOLOGIE L’annonce de Free a déçu ceux qui s’attendaient notamment à une baisse des prix...

Nicolas Beunaiche

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Xavier Niel présente la Freebox mini 4K à Paris, le 10 mars 2015.
Xavier Niel présente la Freebox mini 4K à Paris, le 10 mars 2015. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

La montagne U3VycHJpc2U= a-t-elle accouché d’une souris? Dans la foulée de son coup de com’ de lundi, Free a annoncé ce mardi le lancement d’une Freebox mini, version réduite et améliorée de son modèle d’entrée de gamme. Une mini-surprise qui a déçu les observateurs qui imaginaient une baisse des prix, mais aussi certains internautes, qui n’ont pas manqué de s’en plaindre sur les réseaux sociaux et sous les articles des sites d'informations (ici et , sur 20 Minutes). Mais y a-t-il vraiment de quoi blâmer Free?

Revivez la keynote de Xavier Niel en temps réel par ici

 

La première occurrence d’une «keynote» -autrement une conférence de présentation- dans la bouche de Xavier Niel remonte à novembre. Interrogé par BFM Business, le fondateur d’Iliad s’était alors contenté d’annoncer «un petit machin sympa» sur le fixe vers la fin février. Puis, dans la même interview, il avait également évoqué «un petit truc» sur le mobile un peu plus tard. Pas vraiment les prémices d’une révolution, donc.

Un coup de com' réussi

Pourtant, lundi, la machine s’est emballée. Il aura suffi d’un seul email envoyé par Free aux rédactions. Ecrit en base64 sur fond noir, le mot «surprise», accompagné d’une heure de rendez-vous. Puis le silence radio. Une stratégie médiatique qui a eu pour effet d’attiser la curiosité des observateurs et de décupler les pronostics des journalistes comme des membres de la communauté Free. Baisse des prix, accord avec Apple pour commercialiser sa montre intelligente, lancement du Freephone? «La journée de lundi a donné lieu à beaucoup de rumeurs, de fantasmes, de confidences et d’emballement», résume Vincent Teulade, expert des télécoms chez PWC. Même la Bourse s’est prise au jeu, faisant chuter les cours des concurrents de Free, Numéricable-SFR perdant jusqu’à 9,7%.

Des effets recherchés? Impossible à prouver évidemment. Le directeur général de Free, Maxime Lombardini, assure en tout cas avoir fait les choses dans les règles. «Nous avons informé tout le monde de manière homogène, explique-t-il. Inviter des journalistes à une keynote n’est quand même pas répréhensible.» En termes de com’, le coup organisé par Free était en tout cas de maître. Ce mardi matin, la salle était tout aussi pleine que les colonnes des journaux. Et tant pis si l’annonce ne correspondait pas aux spéculations les plus audacieuses des observateurs… «Notre réputation nous précède», s’en amuse Maxime Lombardini.

Une Freebox pour les «fans de techno»

Derrière la pirouette, voilà peut-être aussi l’une des explications de la mini-déception et de l’incompréhension matinales. A force d’annonces spectaculaires, Free aurait-il habitué le grand public à la révolution permanente? De fait, cette fois, le lancement de la Freebox mini «est surtout destiné aux fans de techno», assure Vincent Teulade. Ceux-là apprécieront donc la télécommande vocale ou le passage à la 4K, dont Free se vante d’être le pionnier en France.

Les pro-Google se réjouiront, eux, de l’adoption d’Android, après des années de bisbille entre Free et le géant américain. «C’est ça le vrai changement opéré par la Freebox mini, analyse Vincent Teulade. L’adoption d’Android marque une rupture interne chez Free.» Un argument qui portera chez les connaisseurs, moins auprès du grand public. Pour ceux qui attendent de grands changements de fond, rendez-vous est donné à la fin de l’année, avec la présentation de la Freebox V7. Une box qui aura la lourde tâche de remplacer la Freebox... Révolution.