Les taux d'emprunts allemands, français, italiens et espagnols à de nouveaux planchers historiques

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Le président de la BCE, Mario Draghi, lors d'une conférence de presse le 9 janvier 2014 à Francfort
Le président de la BCE, Mario Draghi, lors d'une conférence de presse le 9 janvier 2014 à Francfort — Daniel Roland AFP

Les taux d'emprunts à 10 ans de l'Allemagne, la France, l'Espagne et l'Italie sont descendus à de nouveaux planchers historiques mardi, au lendemain du coup d'envoi du programme de rachats d'actifs de la Banque centrale européenne.

«L'effet du programme d'assouplissement est clair, avec l'écrasement qui était attendu des taux d'emprunts», a relevé Patrick Jacq, un stratégiste obligataire de BNP Paribas.

«Le volume additionnel n'est pas si énorme par rapport à la taille du marché, mais il vient s'ajouter au flux existant», ce qui fait qu'en deux jours il y a «un emballement du marché», a-t-il ajouté.

La BCE a commencé lundi à racheter des titres de dettes publiques sur les marchés, dans le cadre de son plan d'une ampleur historique destiné à redynamiser la machine grippée de l'économie en zone euro.

Dans un contexte d'abondance de la demande et de raréfaction de l'offre, les taux d'emprunts, qui évoluent en sens inverse des prix et de la demande, ont en effet logiquement tendance à reculer.

Le rendement à 10 ans de l'Allemagne a ainsi inscrit un nouveau record à 0,230% pour finir à 0,234%, contre 0,312% lundi à la clôture sur le marché secondaire où s'échange la dette déjà émise.

Celui de l'Espagne est descendu à un plus bas de 1,230% pour terminer à 1,242% (contre 1,275%). Même chose pour l'Italie avec un record à 1,206% avant de clôturer à 1,219% (contre 1,280%).

Et aussi pour la France avec un plus bas à 0,513% pour finir à 0,524% contre 0,605% la veille.

La situation a peu de chances de changer dans les jours qui viennent.

«Récemment les seules choses qui entraînaient une petite remontée des taux étaient des statistiques américaines assez fortes, à l'image de l'emploi américain vendredi», a poursuivi M. Jacq.

La bonne santé de l'économie américaine pourrait en effet entraîner une remontée plus rapide que prévu des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine, une perspective redoutée par les investisseurs.

Mais «la tendance reste clairement orientée à la baisse sur un marché qui peut difficilement se tendre» de façon significative, a noté M. Jacq.

Comme la veille, seule la Grèce n'a pas profité de la baisse généralisée, faisant les frais de l'impatience manifestée par la zone euro à l'égard du pays. Son rendement à dix ans a terminé à 10,388% contre 10,036% mardi.

«La Grèce souffre d'un double décalage», le premier lié aux tensions dans les négociations et le deuxième lié au fait que pour le moment la BCE ne rachète pas encore de dette grecque, a expliqué M. Jacq.

En dehors de la zone euro, le taux britannique a reculé à 1,796% contre 1,935%.

Aux États-Unis, le taux à 10 ans baissait également à 2,133% contre 2,191%, tout comme celui à 30 ans à 2,730% contre 2,798%. Celui à deux ans s'établissait à 0,688% contre 0,692%.