Emmanuel Macron rejette l'idée de fusionner Areva et EDF

ENERGIE François Hollande avait annoncé avoir demandé aux dirigeants d'Areva et d'EDF de travailler à un «rapprochement» des deux groupes...

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron à Matignon à Paris le 6 mars 2015
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron à Matignon à Paris le 6 mars 2015 — Kenzo Tribouillard AFP

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a rejeté l'idée d'une fusion d'Areva et d'EDF. Il a toutefois évoqué un accroissement des liens «opérationnels et éventuellement capitalistiques» entre les deux sociétés, dans un entretien lundi.

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«L'enjeu n'est en aucun cas de fusionner Areva et EDF. Ce qui a été demandé à ces entreprises, c'est de travailler à toutes les voies et moyens pour un rapprochement sur le plan commercial, sur le plan opérationnel et industriel», a précisé le ministre. «Le travail qui est en cours, c'est donc d'abord de voir comment EDF et Areva peuvent faire mieux sur le plan commercial en France, sur certains contrats qui les lient, par exemple en matière d'approvisionnement, parce que les divergences qui ont pu exister par le passé doivent prendre fin», a estimé Emmanuel Macron.

Un «rapprochement» des deux groupes publics

Le président François Hollande avait annoncé mercredi dernier avoir demandé aux dirigeants d'Areva et d'EDF de travailler à un «rapprochement» des deux groupes publics, sans préciser selon quelles modalités. De son côté, la ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, Ségolène Royal, a affirmé plus tôt lundi que «toutes les hypothèses» étaient sur la table dans le dossier du rapprochement entre EDF et Areva, y compris une fusion.

Pour Emmanuel Macron, il est «important» que les deux groupes fassent «mieux sur le plan de l'export en rapprochant leur offre pour les marchés à l'étranger». «La meilleure façon de créer cette équipe française du nucléaire est en effet d'en accroître la cohérence interne. Enfin, il s'agit d'accroître les liens opérationnels et éventuellement capitalistiques entre EDF et Areva là où cela fait sens d'un point de vue industriel, je pense à la partie réacteur», a poursuivi le ministre.

«En aucun cas EDF ne saurait être appelée au secours d'Areva»

«En aucun cas EDF ne saurait être appelée au secours d'Areva. La solution qui sera de toute façon privilégiée par les pouvoirs publics est une solution qui sera en faveur de la filière nucléaire française, c'est-à-dire qu'elle sera bonne et pour EDF et pour Areva», a promis Emmanuel Macron.

Le ministre a aussi affirmé que «c'est sur la base du travail qui est conduit actuellement par ces entreprises et des propositions qu'elles nous feront dans quelques semaines que nous aurons, avec Ségolène Royal et sous l'autorité du Premier ministre et du Président de la République, à prendre des décisions pour améliorer la cohérence et l'efficacité de la filière nucléaire française».

A la suite des déclarations de Ségolène Royal, Areva avait déclaré plus tôt lundi ne faire aucun commentaire sur ce sujet, tout comme EDF.