Un levier, mal fagoté, contre les inégalités

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Les « Français doivent pouvoir transmettre

à leurs enfants les fruits d'une vie de travail », martèle le candidat UMP Nicolas Sarkozy, qui souhaite exonérer 95 % des successions. Cet impôt n'a jamais autant rapporté, à cause de son barème dépassé et de la hausse de l'immobilier. Aujourd'hui, un patrimoine de 150 000 € est quatorze fois plus imposé qu'en 1959.

La socialiste Ségolène Royal défend l'impôt au nom de la lutte contre les inégalités. « Le patrimoine est très concentré en France », souligne Guillaume Allegre, chercheur à l'OFCE. De fait, si les petits héritages augmentent, l'écart s'accroît avec les grands. Avec la hausse des exonérations, « deux enfants ne paient pas de droits sur une succession de 400 000 € au décès d'un des deux parents. N'est-ce pas suffisant ? », s'indigne Carmen Ahumada-Milet, de la revue VO Impôts.

« L'égalité pour les couples non mariés et les familles recomposées serait plus justifiée »,

acquiesce Vincent Drezet, secrétaire général du Syndicat national unifié des impôts. « Exonérer la résidence principale suffirait presque », juge Pierre Bazaille, président de l'Institut notarial de l'immobilier. Mais il y a urgence : « obsédés » par le fisc, les Français multiplient les donations, s'exposant, avec l'allongement de la durée de la vie, à des situations délicates.