Les entrepreneurs descendent dans la rue contre le régime social des indépendants

SOCIAL Les travailleurs indépendants, commerçants et artisans manifesteront lundi à Paris pour dénoncer les dysfonctionnements du RSI, ainsi que l'augmentation des charges...

D.B. avec AFP

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Illustratrion d'une caisse RSI.
Illustratrion d'une caisse RSI. — BEBERT BRUNO/SIPA

Le RSI (Régime social des indépendants) fait encore des siennes. Les travailleurs indépendants, commerçants et artisans manifesteront lundi à Paris pour dénoncer ses dysfonctionnements, ainsi que l'augmentation des charges.

«Nous attendons de 20.000 à 50.000 personnes à l'appel d'une vingtaine d'organisations parmi lesquelles les "Citrons pressés", les "Pendus", les "bonnets rouges", les "Buralistes en colère"», affirme le président de l'organisation Sauvons nos entreprises, Pascal Geay, qui se dit à l'origine de l'initiative. «Nous demandons un moratoire du RSI», a-t-il précisé, disant vouloir laisser un mois jusqu'au 9 avril avant d'occuper des centres du RSI si aucune mesure n'est prise.

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Erreurs dans les appels de cotisations, dossiers perdus ou encore interventions d'huissiers sur de fausses données, absence d'appels de cotisations pendant plusieurs années conduisant à des poursuites sans motif ou de mauvaises surprises au moment de la retraite: le Régime social des indépendants (RSI) créé en 2006 a entravé et mis en péril l'activité de bien des entrepreneurs de France.

La CGPME ne soutient pas le mouvement

Le rassemblement est prévu lundi à 13h non loin du Sénat, avant une marche de 14h à 16h jusqu'à l'Assemblée nationale. Ceux qui ne pourront pas se rendre de province à Paris, se rassembleront en silence devant des centres régionaux du RSI.

«C'est aussi un pied de nez aux syndicats», a lancé Pascal Geay, précisant que les manifestants protesteront aussi contre une nouvelle taxe pour le financement des organisations syndicales et patronales. Les entreprises payent depuis janvier une contribution de 0,016% de leur masse salariale pour financer les organisations syndicales et patronales.

La manifestation n'est pas soutenue par les organisations patronales telles que l'UPA (artisans et commerçants de proximité) et la CGPME. La CGPME a avancé mercredi des propositions pour mettre fin aux dysfonctionnements du RSI. «Il n'est pas acceptable que des ressortissants du RSI continuent de subir des erreurs sur les appels de cotisations qui peuvent mettre en péril l'avenir de l'entreprise», a déclaré mercredi l'UPA.

Des réclamations plus rares selon l'organisme

Le secrétaire d'Etat chargé du Budget, Christian Eckert, et la secrétaire d'Etat chargée du Commerce et de l'Artisanat, Carole Delga, se sont rendus mercredi à Nantes à la caisse régionale du RSI des pays de Loire pour «faire un point d'étape sur le chemin parcouru (...) pour améliorer la situation, mais aussi (déterminer) des objectifs à fixer pour répondre aux attentes et priorités légitimes des affiliés».

La situation du régime social des indépendants (RSI) est «normalisée» et les réclamations se font plus rares, avaient affirmé le 25 février les dirigeants de cet organisme décrié pour ses dysfonctionnements. Le directeur général du RSI, Stéphane Seiller, a reconnu vendredi sur France Info que «de nombreux» assurés étaient insatisfaits, mais a affirmé qu'il travaillait à «reconstruire» le système qui «revenait de loin».

Stéphane Seiller a notamment assuré que dès le mois d'avril, le calcul des cotisations 2015 sera réalisé immédiatement à partir de la déclaration 2014, «une nouveauté demandée depuis 20 ans par les travailleurs indépendants».