Carrefour confirme son redressement opérationnel, malgré un bénéfice net en léger repli

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Le PDG de Carrefour, Georges Plassat, lors de la présentation des résultats du groupe le 31 juillet 2014 à Paris
Le PDG de Carrefour, Georges Plassat, lors de la présentation des résultats du groupe le 31 juillet 2014 à Paris — Matthieu Alexandre AFP

Le groupe de grande distribution français Carrefour a confirmé en 2014 le redressement de ses performances opérationnelles, même si son bénéfice net s'est légèrement replié, ne profitant plus des plus-values de cessions qui l'avait alimenté lors des deux exercices précédents.

En 2012 et 2013, Carrefour avait vu son bénéfice net fortement progresser du fait des ventes de plusieurs activités à l'étranger, dans le cadre de son recentrage géographique sur ses marchés les plus porteurs.

En 2014, le bénéfice net de Carrefour a reculé de 1,5% à 1,24 milliard d'euros, du fait de charges et produits non courants en augmentation de 3,44%.

Une fois retraité de ces éléments exceptionnels, notamment les transmissions d'actifs liées à la création en avril de la foncière Carmila, le bénéfice net ajusté ressort en progression de 11,9%, à 1,04 milliard d'euros, et celui des activités poursuivies grimpe de 24,6%, à 1,18 milliard d'euros.

Sur l'indicateur le plus attendu par les marchés, à savoir le résultat opérationnel courant (ROC), le distributeur voit ses performances progresser de 6,7% (+10,8% à changes constants), à 2,38 milliards d'euros, conforme aux prévisions des analystes.

Carrefour réalise ainsi sa "deuxième année consécutive" de progression opérationnelle, après une hausse de 5,3% en 2013.

Ces résultats étaient salués jeudi à la Bourse de Paris, le titre Carrefour prenant 3,24% en début d'après-midi dans un marché en hausse de 1,14%.

"2014 confirme la dynamique de croissance de Carrefour (...), que les plans d'actions mis en oeuvre depuis plus de deux ans portent leurs fruits et que Carrefour a durablement amélioré ses fondamentaux", a commenté Pierre-Jean Sivignon, directeur financier, lors d'une conférence de presse.

M. Sivignon occupe également actuellement, avec Jérome Bédier, la fonction de directeur général délégué du groupe, en l'absence du PDG, Georges Plassat, en convalescence à la suite d'une opération chirurgicale.

M. Plassat "va bien" et sera de retour effectif au bureau à la fin du mois d'avril, ont confirmé les deux hommes vendredi.

Sur 2014, la progression opérationnelle de Carrefour a notamment été tirée par le redressement des ventes du groupe. Celles-ci, déjà annoncées précédemment, reculent très légèrement (-0,3%) en données publiées, notamment du fait des changes, mais progressent nettement en organique, de +3,9%, à 83,99 milliards d'euros, soit "la meilleure croissance organique depuis cinq ans, a commenté M. Sivignon.

La rentabilité du distributeur s'améliore notamment en France, son principal marché, dont le ROC enregistre une hausse de 6,1% à 1,27 milliard d'euros en 2014. "Sur les deux dernières années, les performances opérationnelles progressent ainsi de 38%" dans l'Hexagone, a noté le dirigeant.

La marge commerciale s'est améliorée de 20 points l'an dernier, malgré le contexte de guerre des prix en France, bénéficiant d'un meilleur équilibre des prix (baisse de la part des promotions) et des plans de refonte logistique et informatique, ayant permis de réduire les coûts.

"L'ensemble des formats affiche une bonne rentabilité", indique Carrefour.

- Rénovation et expansion du parc -

L'Amérique latine voit également son ROC progresser fortement, de +23,2%, tiré par le Brésil, de même que les autres pays d'Europe, à +9,6%, avec notamment une Espagne qui poursuit son "net redressement avec une croissance positive des ventes à magasins comparables pour la première fois depuis 2008", a commenté M. Sivignon.

Seule l'Asie affiche une baisse de -24,8%, dans un contexte de "frugalité de la consommation" en Chine.

Carrefour n'a pas souhaité donner de perspectives pour 2015, estimant qu'il était "beaucoup trop tôt" pour le faire.

Il a cependant déclaré que Carrefour "maintiendrait son cap". Les plans d'actions sur l'amélioration de l'offre et des prix seront maintenus, tandis que l'expansion en proximité sera poursuivie en France, mais aussi à l'étranger.

Cela passera notamment par l'intégration des 800 supermarchés Dia, rachetés au groupe espagnol du même nom. Ceux-ci abandonneront leur étiquette hard-discount et seront transformés à partir d'avril en Carrefour Market ou en une autre des enseignes de proximité déjà existantes du groupe. Leur retour à l'équilibre est attendu au mieux pour 2017, a annoncé jeudi Jérôme Bédier.

Sur 2015, Carrefour se concentrera également sur le maintien d'une "discipline financière stricte", visant une nouvelle augmentation de son flux de trésorerie disponible, déjà passé de 26 millions d'euros en 2013 à 306 millions en 2014.

Les investissement de l'enseigne resteront "maîtrisés", mais seront néanmoins portés à "entre 2,5 et 2,6 milliards d'euros", contre 2,4 milliards l'an dernier, pour poursuivre le développement et les rénovations, est-il indiqué.

Au titre de l'exercice 2014, Carrefour prévoit de verser un dividende de 0,68 euro par action à ses actionnaires, contre 0,62 l'an dernier.