Les suppressions de postes à la SNCF vont continuer à un rythme soutenu

SOCIAL Selon une expertise remise au Comité central d'entreprise et sollicitée par les syndicats...

20 Minutes avec AFP

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Illustration: des rails à Grenoble.
Illustration: des rails à Grenoble. — XAVIER VILA/SIPA

Les suppressions de postes à la SNCF vont continuer à un rythme soutenu, affirme ce jeudi une expertise remise au Comité central d'entreprise (CCE), selon laquelle près de 9.000 emplois nets pourraient disparaître d'ici à 2020. Cette étude, dont les grandes lignes ont été présentées à la presse, avait été sollicitée par l'ensemble des syndicats à l'automne afin d'aider le CCE à mesurer les conséquences de la réforme ferroviaire votée l'été dernier.

Le CCE sera consulté le 10 mars sur la mise en oeuvre au sein du groupe, qui regroupe désormais les 149.000 salariés de la SNCF et les 1.500 employés de Réseau Ferré de France (RFF).

Accléréation du rythme de baisse des effectifs

Cette réforme devant permettre à la nouvelle SNCF d'être plus concurrentielle et efficace est toujours vivement critiquée par la CGT-Cheminots et SUD-rail, à l'origine d'une longue grève en juin dernier.

Selon Arnaud Eymery, du cabinet Degest, la réforme du 4 août 2014 impose des objectifs d'économies qui auront «un impact lourd sur l'emploi», notamment dans la branche Mobilités, l'exploitant les trains. Le cabinet s'attend dans cette branche à environ 10.000 suppressions d'équivalents temps plein d'ici cinq ans, «soit une accélération de 25 à 60% du rythme de baisse des effectifs» par rapport aux dernières années.

Le nombre de lignes aussi va baisser

D'après les projections du cabinet, établies sur les prévisions de gains attendues d'ici 2020 rapportées au coût moyen d'un agent, ces pertes seraient néanmoins en partie compensées par des embauches à SNCF Réseau (au rythme de 800 personnes par an) afin d'assurer le vaste programme de rénovation des voies engagé en 2014.

D'après les chiffres tirés par l'AFP du rapport Degest, les effectifs du groupe public baisseraient de 149.000 à 140.000 personnes entre 2014 et 2020 (143.000 dans l'hypothèse basse).

Le cabinet pronostique également une augmentation de la sous-traitance et «une forte diminution» du nombre de lignes, qu'accentuera selon lui la libéralisation annoncée du transport de cars, concurrent du rail.