L'économie française prise d'optimisme, surtout dans les services

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L'indice d'activité provisoire dépasse en février la barre des 50 points, ce qui signe une sortie de récession, grâce à un regain d'activité dans les services, alors que l'industrie a, au contraire, marqué le pas
L'indice d'activité provisoire dépasse en février la barre des 50 points, ce qui signe une sortie de récession, grâce à un regain d'activité dans les services, alors que l'industrie a, au contraire, marqué le pas — Jeff Pachoud AFP

Le secteur privé français a retrouvé la croissance en février, grâce au secteur des services, selon un baromètre publié vendredi par la société d'études économiques Markit qui contient toutefois quelques zones d'ombre.

Cet indice mensuel basé sur un sondage auprès de 750 entreprises, et très suivi des marchés financiers, s'est selon une première estimation établi à 52,2 points pour février, son plus haut niveau depuis 3 ans et demi.

Il était de 49,3 points en janvier, rappelle Markit dans un communiqué. Or passer la barre des 50 points signifie selon la société d'études passer de la récession à la reprise.

Au niveau de la zone euro, Markit a jugé que l'économie était sortie de sa «torpeur», et montrait dans le secteur privé l'activité la plus dynamique depuis 7 mois.

Le chiffre de la France est publié alors que l'espoir revient d'une reprise cette année dans le pays. Le gouvernement veut croire que sa prévision d'une progression de 1% du Produit intérieur brut en 2015 s'avèrera trop prudente.

La France a connu l'an dernier une croissance de 0,4%.

Mais ce baromètre Markit signale aussi une divergence en France entre l'industrie manufacturière, qui reste en zone de récession, et le secteur tertiaire beaucoup plus dynamique.

Là où les services, qui pèsent beaucoup plus lourd dans l'économie française, enregistrent en février une hausse «marginale» des effectifs selon Markit, le secteur manufacturier a ainsi enregistré de nouvelles suppressions de postes.

Sur le front des prix de vente, suivis de près alors que la France connaît désormais une inflation négative, la tendance reste au recul généralisé.

Cela fait dire à Jack Kennedy, économiste de Markit cité dans le communiqué, que «le risque de déflation se précise».

Une déflation est un phénomène de baisse des prix et des salaires suffisamment prolongé pour modifier le comportement des entreprises et des ménages, ce qui le conduit à s'auto-entretenir, en paralysant l'économie.

Pour Dominique Barbet, économiste de BNP Paribas, il s'agit de considérer «avec précaution» ce baromètre Markit, selon lui «l'un des indicateurs les moins fiables» pour évaluer l'économie française, par rapport par exemple à ceux établis par l'Insee.

«Nous continuons à penser que l'économie a commencé à se reprendre, mais des preuves plus solides seraient les bienvenues», écrit-il dans une note.

«La reprise semble amorcée, mais pas encore totalement assurée», estiment pour leur part Axelle Lacan et Robin Mourier, économistes du Crédit Agricole, dans une analyse publiée vendredi.