La France signe avec l'Egypte son premier contrat d'exportation du Rafale

AVIATION Le contrat est d'un montant de 5,2 milliards d'euros...

N.Beu. avec AFP

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Un Rafale décolle du porte-avions Charles-de-Gaulle au large de Toulon, le 15 janvier 2015
Un Rafale décolle du porte-avions Charles-de-Gaulle au large de Toulon, le 15 janvier 2015 — Anne-Christine Poujoulat AFP

La France a signé lundi au Caire le premier contrat d'exportation de son avion de combat Rafale, avec l'Egypte qui achète 24 exemplaires de ce fleuron de l'industrie aéronautique française.

Cette vente marque aussi le soutien de Paris au président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, dans un contexte géopolitique tendu et en pleine répression de toute opposition en Egypte. Le PDG du constructeur français Dassault Aviation, Eric Trappier, a signé le contrat au palais présidentiel en présence de Sissi et du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. «Nos deux pays mènent un combat commun contre le terrorisme», a commenté Le Drian.

Une vente très rapide

Lundi à l'aube, des avions de combat F-16 de l'armée égyptienne ont bombardé des positions de l'organisation Etat islamique (EI) en Libye, quelques heures après que ce groupe jihadiste eut revendiqué dans une vidéo effroyable la décapitation de 21 chrétiens coptes égyptiens capturés en janvier dans ce pays voisin.

Depuis son entrée en service en 2004 dans les forces armées françaises, le Rafale avait essuyé six échecs à l'export. Paris et Dassault espèrent que le contrat égyptien va permettre à d'autres pays de franchir « une barrière psychologique », selon Eric Trappier, qui lorgne en particulier sur des négociations exclusives en cours avec l'Inde depuis janvier 2012 pour l'achat de 126 Rafale. La France mise aussi sur le Qatar, qui pourrait être intéressé par 36 appareils.

Les trois contrats signés lundi au Caire, d'un montant total de 5,2 milliards d'euros, incluent, outre les 24 Rafale, une frégate multimission FREMM du groupe naval DCNS ainsi que des missiles conçus par MBDA. Menée en un temps record, à peine trois mois, cette vente à l'initiative du Caire marque le souhait de l'Egypte de diversifier ses sources d'armements et de s'affranchir de la tutelle américaine, dont elle était très dépendante jusque-là. Elle souligne surtout le soutien affiché de Paris au régime égyptien, dans une région en proie à une profonde instabilité.