Le patron d'EDF mécontent des tarifs bas de l'électricité

ENERGIE Jean-Bernard Lévy réclame un «dialogue avec les pouvoirs publics» pour parler du «souci» des tarifs réglementés...

20 Minutes avec AFP

— 

Jean-Bernard Lévy à Paris le 25 novembre 2014.
Jean-Bernard Lévy à Paris le 25 novembre 2014. — CHAMUSSY/SIPA

Le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, a une nouvelle fois alerté jeudi sur l'impact négatif du niveau des tarifs réglementés de l'électricité en France sur les comptes du groupe, indiquant que la compagnie a «plusieurs soucis» sur ce dossier. Il est «important qu'un dialogue s'engage avec les pouvoirs publics», a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse à l'occasion de la publication des résultats annuels du groupe.

«La dette d'EDF a augmenté chaque année»

Il vise en premier lieu la nouvelle méthode de calcul des tarifs réglementés, qui «ne couvre pas nos coûts», ainsi que celle du calcul de l'Arenh (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique), tarif auquel il revend à ses concurrents jusqu'à un quart de l'électricité produite par son parc nucléaire français. «Nous vendons très en dessous de nos coûts de revient», cette électricité nucléaire, a insisté Jean-Bernard Lévy.

Actuellement le niveau de l'Arenh est fixé à 42 euros le mégawattheure, alors que selon la Cour des comptes et la Commission de régulation de l'énergie auxquels s'est référé le patron d'EDF, le coût de production du courant issu de l'atome se situe plutôt autour de 55 euros. «Ces écarts font que la dette d'EDF a augmenté chaque année», a pointé le patron d'EDF, et cela a été sa «plus grande surprise» à son arrivée à la tête de l'énergéticien fin 2014.

Cher soutien aux énergies renouvelables

A ces «soucis» s'ajoute la charge de la Contribution au service public de l'électricité (CSPE), une taxe prélevée sur la facture des consommateurs et qui permet de financer notamment le soutien aux énergies renouvelables.

Les retards de paiement de l'ensemble de la CSPE, dont EDF effectue l'avance chaque année, ont pesé en 2014 «à hauteur de 700 millions d'euros» sur les comptes du groupe, a pointé le PDG d'EDF. «A partir de 2018-2019 le mouvement va se renverser [à mesure que le soutien aux renouvelables via la CSPE va se réduire] (...) il n'empêche que la situation aujourd'hui est préoccupante», a-t-il ajouté.