Les épilateurs à lumière pulsée à domicile, un plan au poil?

CONSOMMATION Ces équipements, dont les ventes ont doublé l'an dernier, doivent être maniés avec précaution...

Céline Boff

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Capture d'écran de photos d'épilateurs à lumière pulsée à usage domestique
Capture d'écran de photos d'épilateurs à lumière pulsée à usage domestique — Capture d'écran Google

C’est l’un des succès de l’année 2014. L’épilateur à lumière pulsée a fait un carton dans les rayons des distributeurs et sur les sites marchands. Certes, le nombre d’équipements vendu reste faible -150.000 unités- mais c’est deux fois plus qu’en 2013, révèle le Groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils d’équipement ménager (Gifam).

Pour ces professionnels, le marché décolle enfin, sept ans après le lancement de l’E-One d’E-Swin, le premier appareil de photo-épilation définitive conçu pour un usage domestique. Il avait été mis sur le marché à 1.350 euros. Moins puissants que l’E-One, les autres épilateurs domestiques sont depuis vendus à des prix plus compétitifs -entre 200 et 500 euros.

Mais l’épilation maison à la lampe flash est-elle efficace? «J'ai investi dans cet appareil il y a un an et demi. Si les effets escomptés ne sont pas aussi impressionnants que prévu, ils restent présents», affirme Adèle, l’une des internautes de 20 Minutes. «Je trouve que si l'on utilise l’appareil en respectant la notice, on voit que les poils ne poussent plus aussi vite et aussi épais qu’avant», ajoute une autre lectrice.

«Nous sommes équipés de Ferrari quand ces machines sont des trottinettes»

Françoise ne partage pas cet avis: «L’épilateur que j’ai acheté a une petite tête rectangulaire d’environ 1,5 sur 2,5 cm… Autant dire que pour faire tout le corps, c’est très long! Je l’ai manié une première fois seule et puis j’ai demandé de l’aide à mon mari. On l’a fait ensemble trois fois, je n’ai pas constaté de diminution de ma pilosité alors j’ai rangé l’appareil au fond du placard…».

Pour le docteur Isabelle Rousseaux, membre du Syndicat national des dermatologues, ces épilateurs domestiques, dont la puissance est en moyenne trois fois moins élevée que celles des appareils utilisés par les médecins, peuvent être «un bon complément à une épilation en cabinet». «Nous sommes équipés de Ferrari quand ces machines sont des trottinettes… Ces épilateurs peuvent enlever quatre poils entre deux séances chez un dermatologue, mais pas épiler une demi-jambe. Ou alors, la cliente va y passer des journées!».

Reste la question de la santé. «Même si la puissance de ces épilateurs est faible, la lumière peut être projetée vers les yeux et dégrader la rétine. Il faut également veiller à ne pas flasher plusieurs fois une même zone pour ne pas brûler la peau, ni viser le visage, les grains de beauté ou les cicatrices. Dans tous les cas, il est impératif de prendre au moins un rendez-vous préalable avec un dermatologue pour faire un point sur sa peau et sa pilosité», recommande le docteur Isabelle Rousseaux.

Un risque «d’hyperpilosité paradoxale»

En juillet, la Commission de la sécurité des consommateurs (CSC) expliquait que «les systèmes de sécurité équipant la quasi-totalité des appareils n’offrent pas une garantie suffisante pour empêcher une fuite du rayonnement en direction des yeux» et recommandait donc le port de lunettes, qui sont rarement fournies avec les épilateurs.

La CSC rapportait également «des complications et incidents consécutifs à des épilations à la lumière pulsée», notamment des cas de «brûlures» mais aussi «d’hyperpilosité paradoxale». En clair, certains clients présentaient davantage de poils après la photo-épilation qu’avant…

Enfin, la CSC insistait sur le fait que les rayonnements pouvaient effacer les «tâches symptomatiques de lésions cancéreuses ou précancéreuses» et donc entraîner «une perte de chance de diagnostic» et rappelait «qu’il n’existe pas de connaissances scientifiques suffisantes sur les effets à moyen et long terme sur la santé des rayonnements émis par les appareils d’épilation à lumière pulsée».