Dette grecque: Berlin exclut à nouveau toute réparation de guerre à la Grèce

EUROPE Pour l'Allemagne, il n'est pas question de verser des réparations de guerre à la Grèce magré les discours d'Alexis Tsipras...

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre grec Alexis Tsipras s'exprime devant le Parlement le 8 février 2015 à Athènes
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras s'exprime devant le Parlement le 8 février 2015 à Athènes — Aris Messinis AFP

Le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, a une nouvelle fois exclu lundi que l'Allemagne verse des réparations de guerre à la Grèce, comme le réclame le Premier ministre grec, assurant que la question avait été définitivement réglée il y a 25 ans. «La probabilité (que l'Allemagne paie des indemnités de guerre à posteriori) est nulle», a assuré Sigmar Gabriel, qui est aussi vice-chancelier, en marge d'un séminaire de son Parti social-démocrate (SPD) à Nauen (est).

Les réparations équivaleraient à la dette du pays

Il réagissait ainsi aux propos du Premier ministre grec Alexis Tsipras, qui avait estimé dimanche dans son discours de politique générale que son pays avait «une obligation historique» et «morale» à réclamer des indemnités de guerre, et le remboursement d'un prêt forcé octroyé aux nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Le montant des réparations éventuelles réclamées pourrait atteindre 162 milliards d'euros, soit peu ou prou la moitié de la gigantesque dette du pays, selon des chiffres circulant à Athènes.

Le prêt forcé datant de l'occupation nazie de la Grèce est quant à lui évalué à 11 milliards d'euros, en Grèce. «Tous ces sujets ont été définitivement réglés juridiquement avec le traité 2 plus 4» signé en 1990 entre les deux Allemagne et les Alliés, qui renonçaient alors à leurs droits sur les vaincus de 1945, traité qui fut approuvé par la Grèce, a insisté Sigmar Gabriel. «Cela ne sert à rien de poursuivre sur cette voie», a-t-il ajouté.

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«Rien de nouveau» du côté de Berlin

Athènes, qui croule sous une dette atteignant quelque 175% de son Produit intérieur brut (PIB), fait valoir de longue date que l'Allemagne ne lui a jamais vraiment versé de réparations de guerre et n'a jamais remboursé le prêt forcé de 1942. Pour sa part, une porte-parole du ministère des Finances a assuré lundi lors d'une conférence de presse régulière du gouvernement qu'il n'y avait «rien de nouveau» du côté de Berlin sur cette question. Le porte-parole adjoint de la chancelière, Georg Streiter, a fait remarquer lors de cette conférence de presse qu'il y avait «une différence entre s'adresser dans un discours de politique générale au peuple grec, et s'activer au niveau international», et que jusqu'à présent Alexis Tsipras n'avait fait qu'exprimer son opinion sur le sujet.

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