Procédure de sauvegarde de la LMDE: Quelles conséquences pour les étudiants affiliés à cette mutuelle?

SANTE Le tribunal de grande instance de Créteil a donné six mois à l'administratrice provisoire de la mutuelle étudiante, Anne-Marie Cozien, pour redresser la situation...

Delphine Bancaud

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Enseigne et logo de la LMDE (La Mutuelle Des   Etudiants), rue Linne, dans     le 5eme Arrondissement  de Paris.
Enseigne et logo de la LMDE (La Mutuelle Des Etudiants), rue Linne, dans le 5eme Arrondissement de Paris. — NEGROTTO VIVIANE/SIPA

Après des années de déroute, la Mutuelle des étudiants (LMDE), est fixée sur son sort. Le tribunal de grande instance de Créteil a décidé lundi de la placer sous sauvegarde de justice. Le juge a donné six mois à son administratrice provisoire, Anne-Marie Cozien, pour redresser la situation de la LMDE. Une question de survie puisque la LMDE qui accuse 35 millions d’euros de dettes et qu’une cessation de paiement pourrait avoir lieu «d'ici la fin de l'année si rien n'est fait», avait précisé la semaine dernière Anne-Marie Crozien.

L’avenir de la mutuelle inquiète fortement les 920.000 étudiants qui y sont affiliés, comme l’a souligné Alexandre Leroy, président de la Fage à 20 minutes: «Ils veulent savoir s’ils seront toujours remboursés et à quelle échéance». D’autant que la mutuelle aurait déjà actuellement 5 millions d’euros de retard de paiement, en raison de ses difficultés de gestion. «Certains étudiants n’ont toujours pas de carte vitale alors qu’ils sont affiliés depuis septembre et ne peuvent pas bénéficier du tiers payant. D’autres attendent toujours qu’on leur rembourse des frais engagés, qui peuvent aller jusqu’à 200 euros», insiste Alexandre Leroy.

«Tous les étudiants seront remboursés de leurs frais de santé»

Avec la sauvegarde judiciaire, les dettes de la LMDE seront gelées et la gestion de la mutuelle sera totalement revisitée. Pendant cette procédure, «tous les étudiants seront remboursés de leurs frais de santé», a assuré Anne-Marie Crozien, qu’ils soient antérieurs ou postérieurs à la procédure. Soit ils le seront par la LMDE elle-même, soit par  la caisse nationale d’assurance maladie. Interrogé par Le Monde, le ministère de la Santé a aussi tenté de rassurer les étudiants la semaine dernière: «La LMDE continuera bien sûr à rembourser les étudiants qu’elle couvre au titre du régime obligatoire ou de la protection complémentaire santé».

Pour l’heure, les étudiants attendent fébrilement d’en savoir plus et s'inquiètent pour leurs finances, comme en témoignent leurs nombreux tweets.

 

 

Mais selon Alexandre Leroy, peu d’entre eux ont entamé une procédure de résilliation à la mutuelle: «Ils savent que cela peur durer des mois, donc ils se résignent à rester à la LMDE», explique-t-il. Reste que ce nouvel épisode de l'histoire de la Lmde relance le débat sur l'existence même du régime social étudiant . Car à l'été 2013, la Cour des comptes avait elle aussi pointé les nombreux dysfonctionnements de la LMDE. En septembre dernier, la Fage et l'UFC-Que Choisir avaient pressé les pouvoirs publics de mettre fin à la délégation de service public dont bénéficient les mutuelles étudiantes et d'intégrer les étudiants au sein du régime général de sécurité sociale, «gage d'un service de meilleure qualité, plus lisible et à moindre coût», selon eux. Un sujet aussi brûlant que politique.