Les Français limitent leurs achats d'électroménager

CONSOMMATION Les ventes ont progressé l'an dernier, mais leur croissance reste faible...

Céline Boff

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Un homme dans sa cuisine.
Un homme dans sa cuisine. — SIERAKOWSKI/ISOPIX/SIPA

Les Français renouent –un peu– avec les achats d’électroménager. L’an dernier, les ventes de gros appareils (GEM), type lave-linge, lave-vaisselle ou encore réfrigérateur, ont progressé de 1,1% en valeur et celles des petits appareils (PEM), comme les sèche-cheveux ou les rasoirs électriques, de 1,7%, révèle le Groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils d’équipement ménager (Gifam).

De quoi rassurer les fabricants après une année 2013 vraiment critique, marquée par un recul de -2,4% des ventes de GEM et d’une quasi-stagnation (+0,3%) de celles des PEM. Certes, ce n’est toujours pas la fête, mais c’est quand même mieux que les contre-performances enregistrées par les secteurs du meuble et de la télévision.

Les Français conservent leurs équipements très longtemps

Et puis, pas facile de vendre des équipements à des foyers déjà super-équipés –ils possèdent en moyenne 11,5 PEM et 6,8 GEM. Du coup, la croissance du secteur est surtout liée au (dynamique) accroissement de la population française mais aussi aux événements de la vie qui poussent les ménages à acquérir de nouveaux appareils, notamment lors de la naissance d’un enfant, à l’occasion d’un divorce ou encore, d’un déménagement (les deux allant souvent de pair).

Et puis, il y a la panne. D’après une étude réalisée par OpinionWay pour Lokéo, entreprise spécialisée dans la location de biens, 52% des Français attendent que leur équipement soit HS pour en acquérir un nouveau. «Cela questionne leur plaisir d’acheter, qui ne semble plus présent en ce qui concerne ce type de biens. Ce n’était pas le cas dans les années 1970 et 1980, les ménages s’endettaient beaucoup pour acquérir ces appareils, alors jugés comme étant des objets à forte valeur sociale», analyse Valérie Guillard, maître de conférences à l’université Paris-Dauphine et spécialiste de la psychologie des consommateurs.

Les fabricants ont beau proposer des appareils toujours plus innovants et économes en énergie, «les Français rêveraient de conserver les mêmes équipements toute leur vie si c’était possible», confirme Camille Beurdeley, directrice générale du Gifam.

D’après une étude menée en 2010 par le Gifam, les Français conservent en moyenne 10 ans leurs appareils à laver, 11 ans leur frigo et 13 ans leur congélateur… C’est 10 mois de plus qu’en 1975, alors que les prix ont dans le même temps nettement baissé.

Les blenders et les brosses soufflantes ont la cote

«En 1984, il fallait travailler 14 jours pour s’offrir un réfrigérateur. En 2014, il suffit de six jours», détaille Damien Chicaud, directeur des études au Gifam. Mais les Français sont justement obsédés par le dépenser moins: alors qu’ils consacraient en moyenne 382 euros en 2008 pour l’achat d’un gros équipement, ils ne déboursent plus que 337 euros en 2014.

Et quand ils craquent, c’est surtout pour s’offrir un sèche-linge à condensation (+4% de ventes) et un lave-vaisselle économe en énergie (+3%). Pour les petits appareils, les Français privilégient la préparation culinaire, comme les robots multifonctions ou encore les blenders, toujours tirés par la tendance du faire soi-même.

La beauté féminine tire aussi son épingle du jeu, notamment le «fun styling», comprenez les brosses soufflantes et les sèche-cheveux avec accessoires, mais aussi les épilateurs à lumière pulsée. «Les consommateurs achètent des produits quasi-professionnels pour prendre soin d’eux chez eux, plutôt que chez le coiffeur ou chez l’esthéticienne, dans un contexte de tension sur le pouvoir d’achat», commente Camille Beurdeley.