Salon des entrepreneurs: L’appétit pour les food trucks ne se dément pas

ENTREPRENEURIAT Au Salon des entrepreneurs, qui a ouvert ce mercredi, l'engouement pour les camions ambulants ne faiblit pas...

Delphine Bancaud
— 
Jacinta Neves, 44 ans, qui a ouvert son food truck «Les Crêpes de Lulu» en avril 2014 à Chambly (Oise).
Jacinta Neves, 44 ans, qui a ouvert son food truck «Les Crêpes de Lulu» en avril 2014 à Chambly (Oise). — J. Neves

Au salon des entrepreneurs qui a ouvert ses portes ce mercredi, les food trucks vont encore faire le buzz. Ces camions-cantine ambulants, qui proposent une cuisine de rue inventive, suscitent non seulement l’appétit des consommateurs, mais aussi celui des entrepreneurs. Burgers, kebabs, sandwichs, crêpes, pizzas, pâtes… Les food trucks ont investi tous les styles de cuisine. «En à peine trois ans, plus d’une centaine de food trucks se sont lancés en France et l’on perçoit une accélération ces derniers mois», observe Xavier Kergall, président du salon des entrepreneurs. La preuve à Paris, où la mairie a enregistré plus de 250 demandes d'emplacements de food trucks ces 18 derniers mois.

On peut démarrer son affaire avec 30.000 euros

Les raisons de cet engouement tiennent tout d’abord à la demande des consommateurs: «Ils sont avides de nouveautés culinaires et repas de bonne qualité, tout en recherchant des prix intéressants et un service rapide», analyse Xavier Kergall. Du coté des entrepreneurs, le concept séduit aussi à plus d’un titre. A commencer par le faible investissement nécessaire pour se lancer. «C’est dix fois moins cher de lancer un food truck que d’ouvrir un restaurant fixe. Avec 30.000 euros, on peut démarrer son affaire, car le matériel nécessaire est plus léger», informe Xavier Kergall. Un avis que partage Jacinta Neves, 44 ans, qui a ouvert son food truck «Les Crêpes de Lulu» en avril 2014 à Chambly (Oise) après un licenciement économique. «J’avais envie d’ouvrir une crêperie depuis longtemps, mais je n’en avais pas les moyens. Lancer un food truck a été plus facile», raconte-t-elle. La formule est aussi intéressante, car la gestion des stocks est plus facile que dans un restaurant traditionnel et les contraintes réglementaires moins fortes.

Un métier à part entière

Reste que lancer un food truck ne s’improvise pas. «Ce n’est pas du fun, mais un métier à part entière», affirme Jacinta Neves. Avant de se lancer, elle a d’ailleurs suivi une formation en gestion et un stage dans une crêperie bretonne. «Se faire accompagner pour la création du business plan est aussi nécessaire», estime-t-elle. Autre impératif: trouver les bons emplacements pour garer son camion et s’assurer qu’il y ait beaucoup de passage. Une mission difficile car de nombreuses grandes villes rechignent à accorder des autorisations aux food trucks et lorsque ces derniers stationnent sur un parking privé, le loyer peut être cher. «Pour l’instant, je travaille deux jours dans le centre-ville de Chambly, un jour devant le parking d’un pub et un autre devant un cinéma. Mais je compte encore me greffer sur des événements locaux pour pouvoir conquérir de nouveaux clients», témoigne Jacinta Neves.

30.000 de chiffre d'affaires moyen

Au final, rentabiliser son food truck n’est pas toujours aisé. «Le chiffre d’affaires moyen tourne autour de 30 ou 40.000 euros. Mais certains entrepreneurs parviennent à dégager près de 100.000 euros de chiffre d’affaires et bénéficient le retour sur investissement rapide», souligne Xavier Kergall. Pour l’instant, Jacinta Neves en est loin car elle enregistre en moyenne 150 euros de chiffre d’affaires par jour. «Pour me verser 1.500 euros net, il faudrait que je fasse 300 euros par jour. Je me suis fixée comme échéance le mois de juin pour y arriver. Mais si ça ne marche pas, je n’aurais aucun regret», confie-t-elle.