Faire les soldes à l'étranger depuis son canapé, un bon plan?

CONSOMMATION En France, les rabais débutent ce mercredi...

Céline Boff

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Une jeune femme assise sur un canapé, devant un ordinateur portable.
Une jeune femme assise sur un canapé, devant un ordinateur portable. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Après le Black Friday et les ventes privées, la valse des étiquettes se poursuit ce mercredi avec l’arrivée des soldes d’hiver. Pour la première fois, ils dureront six semaines et non plus cinq. Pendant cette période, 25 millions de Français devraient privilégier les sites Internet pour réaliser leurs emplettes, selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), et parmi eux, certains sauteront même le pas de l’achat sur des sites étrangers.

Les internautes français sont en effet de moins en moins frileux: d’après le baromètre de juin 2014 de la Fevad, 33% d’entre eux ont déjà réalisé une commande sur un site étranger. Soit cinq points de plus que l’année précédente. Et en période de soldes, ce peut être une solution pertinente pour ménager un peu plus son pouvoir d’achat.

Les rabais sont bien plus conséquents dans certains pays de l’UE, notamment en Angleterre, où les réductions débutent rarement en dessous de -50%. De plus, «les périodes de soldes ne sont pas harmonisées au niveau européen», indique Elphège Tignel, du Centre européen de la consommation (CEC).

Ainsi, si elles se termineront le 17 février en France, vous aurez jusqu’au 18 pour profiter des démarques si vous commandez sur un site portugais, jusqu’à fin février sur un site croate et même jusqu’au 15 avril sur un site roumain. Et en Allemagne, chaque vendeur est libre de faire des soldes à tout moment de l’année... 

Un délai de rétractation de 14 jours minimum

Avant d’acheter, regardez bien les conditions de livraison. «Le consommateur doit s’assurer que le cybermarchand livre en France et regarder à quelle date et à quel tarif sont les frais de port», précise Elphège Tignel. N’oubliez pas la TVA: vous devez acquitter le taux du pays dans lequel vous passez la commande et celui-ci s’échelonne de 19% à 27% selon les Etats (généralement 20% en France).

«Il faut également s’assurer que les coordonnées du vendeur sont bien renseignées pour pouvoir le contacter en cas de problème», insiste Elphège Tignel, qui recommande même de taper cette adresse dans Google Map. «Nous avons fait cette démarche et les adresses correspondaient parfois à des champs avec rien autour…»

Au-delà du prix, acheter sur Internet permet aussi de bénéficier d’un délai de rétractation, qui a été harmonisé l’an dernier en Europe. «Désormais, les consommateurs disposent de 14 jours au minimum pour retourner leurs articles s’ils ne sont pas satisfaits», détaille Elphège Tignel.

Rappelons que cette rétractation n’est pas possible pour des achats en magasins physiques, sauf si le commerçant le stipule. Pour tous les produits achetés dans l’UE, vous bénéficiez également d’une garantie légale de conformité valable deux ans. Ce qui vous permettra d’échanger l’article s’il est abîmé, ou d’en obtenir le remboursement.

Attention aux frais de douane pour les achats extracommunautaires

La libre-circulation des biens étant l’un des fondements de l’UE, vous n’aurez aucun droit de douane à acquitter… Mais seulement si le produit est acheté sur un portail européen. «Certains clients acquièrent des articles, notamment high-tech, à prix très réduits sur des sites rédigés en français et ils s’aperçoivent seulement à la livraison que le marchand est en fait implanté aux Etats-Unis ou en Asie. Leur colis se retrouve bloqué en douane et des frais sont à acquitter», avertit Elphège Tignel.

En cas de problème, le consommateur peut contacter le Centre européen de la consommation, qui l’accompagnera gratuitement dans ses démarches pour tous les litiges impliquant un professionnel installé dans l’Union européenne, en Islande ou en Norvège, mais pas au-delà. L’an dernier, le CEC a reçu 5.000 plaintes de consommateurs français, dont 40% concernaient un achat en ligne sur un site européen.