Sur quelles entreprises françaises les Chinois ont-ils déjà mis la main?

ACQUISITION Ces cinq dernières années, les Chinois ont multiplié les investissements dans différents secteurs, depuis l'énergie jusqu'aux transports, en passant par l'automobile...

Céline Boff

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Un site de production PSA Peugeot-Citroën à Poissy le 27 janvier 2012
Un site de production PSA Peugeot-Citroën à Poissy le 27 janvier 2012 — Thomas Samson AFP

Le Club Med va donc passer sous pavillon chinois. 20 Minutes profite de cet événement pour revenir sur les investissements (IDE) les plus significatifs réalisés par des Chinois en France. Il faut cependant rappeler que, s'ils ne cessent de progresser, ils restent toutefois à un niveau très modeste. Fin 2012, soit la dernière année renseignée par la Banque de France, le stock d'IDE en provenance de Chine et de HongKong s’élevait à 4,2 milliards d’euros, soit 0,9% des stocks d’investissements en France. A l’inverse, le stock des investissements français en Chine était quatre fois plus important, à 16,7 milliards d’euros.

1) GDF-Suez (énergie)

C’est l’investissement chinois le plus important jamais réalisé en France. Et une première, puisque ce n’est pas une entreprise chinoise, mais l’Etat chinois lui-même qui a investi, en 2011, pas moins de 2,9 milliards d’euros dans GDF-Suez. Il a mené cette opération à travers le fonds souverain China investment corporation (CIC). «Les négociations ont été sympathiques», déclarait à l’époque Gérard Mestrallet, PDG du groupe français. CIC a plus particulièrement acquis 30% des parts du pôle exploration-production de GDF-Suez et 10% dans une usine de liquéfaction située à Trinité-et-Tobago.

2) PSA (automobile)

En mars, l’Etat français et la société chinoise Dongfeng entraient au capital de PSA, à hauteur de 800 millions d’euros chacun. Cet accord a redistribué les cartes: le groupe automobile est désormais détenu à égalité par la famille Peugeot, l’Etat français et Dongfeng (14% chacun). Mais la présidence du conseil de surveillance a été confiée à un Français, Louis Gallois, et c’est un Portugais, Carlos Tavares, un ancien de chez Renault, qui dirige le groupe.  

3) Aéroport de Toulouse-Blagnac (infrastructure)

En novembre, le gouvernement français annonçait son intention de vendre 49,9% de ses parts dans Toulouse-Blagnac, le quatrième aéroport de France hors Paris, au consortium chinois Symbiose. Une opération qui devrait lui rapporter 300 millions d’euros. Si l'opération est en cours, l'Etat, qui possède 60% de la société d'exploitation de l'aéroport, ne conservera au final que 10,1% du capital, mais la puissance publique française restera majoritaire, avec 50,1% des parts.

4) Aigle Azur (transport)

En 2012, le groupe chinois HNA, notamment propriétaire de la compagnie chinoise Hainan Airlines, posait 30 millions sur la table pour entrer à hauteur de 48% dans le capital du transporteur français Aigle Azur. Soit le maximum autorisé par Bruxelles. La législation européenne interdit en effet à un groupe non-communautaire d'être majoritaire dans une compagnie aérienne de l'UE. Aigle Azur revendique être le deuxième acteur français, derrière Air France.

5) Louvre Hotels Group (hôtellerie)

Ce nom ne vous dit sans doute rien. Et pourtant, c’est lui qui détient les chaînes Campanile, Première Classe ou encore Kyriad. Pourtant, Louvre Hotels Group n’est pas vraiment français puisqu’il appartient à des Américains, à travers le fonds d'investissement Starwood Capital Group, et qu'il sera bientôt la propriété de Jin Jiang International, le n°1 du tourisme et du voyage en Chine. Si le montant de la transaction entre ces deux entités n’a pas été divulgué, l’opération devrait être effective au cours du premier trimestre 2015.