Assurances : «Les clients ne peuvent plus supporter les fortes hausses»

INTERVIEW De 2 à 5% pour l'assurance habitation, de 3 à 4% pour la complémentaire santé... Les assureurs augmentent de nouveaux leurs tarifs pour 2015...

Propos recueillis par Mathieu Bruckmüller

— 

Une femme au volant.
Une femme au volant. — SIERAKOWSKI/ISOPIX/SIPA

Il n’y a pas que les timbres, l’électricité ou encore les billets de train qui augmentent avec l’arrivée de la nouvelle année. C’est aussi certainement le cas de vos assurances. Avec à la clef des revalorisations de tarifs bien plus importantes que la hausse des prix. Sont-elles vraiment justifiées? Eléments de réponse avec Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet Facts&Figures.

>> Gazole, électricité, TVA... Ce qui va changer pour vous au 1er janvier 2015

Assurance automobile, habitation… Les clients vont-ils faire face à de fortes hausses de tarifs en 2015?

Elles seront globalement comprises entre 0 et 2% pour l’automobile. Les assureurs ont nettement réduit leurs prétentions par rapport aux années précédentes alors que le nombre d’accidents, même s’ils sont repartis à la hausse en 2014, a diminué sur le long terme. Par exemple, à la Macif, la hausse est de +1,4% au 1er janvier 2015 à comparer à +2,9% au 1er janvier 2012. Certains opérateurs comme la Maaf, la Maif ou la Matmut ont même choisi de ne pas augmenter leurs tarifs pour fidéliser leurs clients sociétaires.

Quant à l’assurance habitation, la hausse des primes sera comprise entre 2 et 5%. Une évolution qui s’explique notamment par la multiplication des événements naturels (tempêtes, inondations), mais aussi par les difficultés économiques des ménages qui peuvent pousser à un défaut d’entretien du logement dans certains cas. D’où une nette augmentation des dégâts des eaux ou encore des incendies. Notons également une croissance de + 50% du nombre de vols depuis 2008.

Quid de l’assurance santé individuelle?

Si les déremboursements ont été limités en 2014, la dérive naturelle des frais de santé, entraîne une hausse moyenne de 2 à 3%. Mais au final, elle devrait plutôt être comprise entre 3 et 4% si on y ajoute l’indexation liée à l’évolution de l’âge de l’assuré.

Avec l’entrée en application de la Loi Hamon qui va permettre de résilier son contrat à tout moment au bout d’un an, ces hausses, alors que l’inflation est au plancher, apparaissent importantes?

Au regard des années passées, les assureurs sont obligés d’appuyer sur la pédale de frein dans un contexte de crise où de plus en plus de clients ne peuvent plus supporter les fortes hausses. La loi Hamon va obliger les assureurs à fidéliser davantage leurs clients pour qu’ils n’aillent pas voir ailleurs. Certains assureurs ont parfois tendance à prendre leurs clients en portefeuille pour des «vaches à lait» en leur imposant des hausses significatives. Et ce pour offrir des promotions aux nouveaux clients.

>> Trois conseils pour bien résilier votre assurance

En revanche, je crains que cette loi permettant de résilier plus facilement son contrat n’incite des consommateurs à céder aux sirènes de certaines offres d’assurances, a priori, très alléchantes sur le plan financier, mais qui n’offrent pas de bonnes garanties. Il faut payer le juste prix pour une assurance qui sécurise «sans trou(s)». Payer une assurance, c’est toujours trop cher quand on n’a pas de sinistre, mais lorsque cela arrive, mieux vaut être correctement protégé.

C'est-à-dire, concrètement?

Prenez l’assurance automobile. Pour diminuer le tarif, il est possible pour le conducteur de ne pas prendre de garantie corporelle pour lui-même. Mais en cas d’accident grave si le conducteur, finit tétraplégique, il risque de ne plus pouvoir travailler. La perte de revenus rajoutée aux coûts pour les soins à domicile peut avoir des conséquences catastrophiques pour le conducteur et toute sa famille.