La Bourse de Paris en baisse pour la première séance de l'année

© 2015 AFP

— 

Le palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris, le 9 mars 2013
Le palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris, le 9 mars 2013 — Thomas Coex AFP

La Bourse de Paris a démarré l'année sur une note négative (-0,48%), à l'occasion d'une séance marquée par des statistiques décevantes des deux côtés de l'Atlantique et des volumes encore faibles après les fêtes.

L'indice CAC 40 a perdu 20,46 points à 4.252,29 points vendredi, dans un volume d'échanges très peu étoffé de moins de 2 milliards d'euros. Mercredi, lors d'une demi-séance et avant un jour férié le 1er janvier, l'indice parisien avait gagné 0,64%.

Parmi les autres marchés européens, Francfort a fini en baisse de 0,42% et Londres en baisse de 0,28%. Par ailleurs, l'Eurostoxx 50 a reculé de 0,22%.

Après avoir ouvert en hausse, la cote parisienne a hésité tout au long de la séance. Elle s'est reprise un temps, soutenue par une ouverture dans le vert à la Bourse de New York, avant de reculer à nouveau.

Le marché s'est montré «relativement déçu en début de séance» après des statistiques en zone euro, note Pierre Martin, un analyste de Saxo Banque.

Le secteur manufacturier a connu une progression quasi-nulle en décembre dans la zone euro, ce qui laisse craindre une croissance au point mort pour le dernier trimestre de l'année 2014. L'Italie, et surtout la France, se retrouvent en queue de peloton, avec une activité manufacturière en net recul au mois de décembre.

Les statistiques américaines n'ont pas permis au marché de profiter durablement d'une ouverture en hausse à la Bourse de New York.

L'activité dans le secteur manufacturier aux Etats-Unis a baissé en décembre, tout comme les dépenses de construction au mois de novembre, et les deux indicateurs sont ressortis en-dessous des attentes des analystes.

«Cela reste une journée de transition avant le début des choses sérieuses la semaine prochaine», tempère Alexandre Baradez, analyste chez IG France.

Sur l'ensemble des marchés financiers, «le volume d'échange demeure anémique» et «c'est lors de la séance du lundi 5 janvier que les opérateurs feront leur retour», indique Vincent Ganne, un analyste de FXCM.

La séance a par ailleurs été animée par des propos du président de la Banque centrale européenne Mario Draghi.

«Nous sommes en train de nous préparer techniquement pour modifier début 2015 l'ampleur, le rythme et le caractère des moyens à mettre en place s'il devenait nécessaire de réagir à une trop longue période d'inflation trop faible», a-t-il expliqué dans une interview au quotidien économique allemand Handelsblatt de vendredi.

Les investisseurs sont dans l'attente de la prochaine réunion de la BCE le 22 janvier, au cours de laquelle pourraient être annoncées de nouvelles mesures de soutien à l'économie, dont un élargissement du programme de rachats d'actifs de l'institution monétaire.

Parmi les valeurs, les bancaires ont terminé en hausse. Société Générale a gagné 1,06% à 35,36 euros, Crédit Agricole 1,30% à 10,90 euros et BNP Paribas 0,35% à 49,43 euros.

Vinci a perdu 0,19% à 45,43 euros et Eiffage 0,81% à 42,46 euros, alors que le gouvernement a renoncé pour l'heure à résilier les contrats des concessions d'autoroutes. Le Premier ministre, Manuel Valls, a annoncé mercredi la création début janvier d'un groupe de travail qui sera chargé de plancher sur deux scénarios de réforme, à savoir une renégociation ou une résiliation au 1er janvier 2017 des contrats.

Les valeurs automobiles ont terminé en baisse alors que le marché automobile français a enregistré en 2014 une très légère progression, de 0,3%, mais une diminution de 6,8% en décembre selon le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), qui prévoit une stagnation en 2015.

Renault, dont les ventes ont baissé de 0,8% en décembre, a perdu 1,04% à 59,90 euros. Même tendance chez PSA Peugeot Citroën (-0,20% à 10,20 euros), qui a vu ses ventes reculer de 9,6% lors du dernier mois de l'année.

Certains équipementiers automobiles ont également été à la peine, à l'image de Plastic Omnium (-1,55% à 22,27 euros) et Michelin (-1,21% à 74,36 euros).

Tarkett a gagné 0,56% à 18 euros après avoir conclu l'acquisition de l'entreprise néerlandaise Desso, spécialisée dans les moquettes pour les bâtiments professionnels ainsi que les terrains sportifs.

Enfin, plusieurs valeurs défensives, moins soumises aux aléas du marché, ont reculé, à l'image de Pernod Ricard (-1,27% à 91,09 euros) et Essilor (-1,81% à 91 euros).

Euronext (CAC 40)