Japon: la consommation des ménages poursuit à un rythme atténué son déclin en novembre

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Des employés d'un grand magasin de Tokyo préparent les soldes le 26 décembre 2014
Des employés d'un grand magasin de Tokyo préparent les soldes le 26 décembre 2014 — Kazuhiro Nogi AFP

La consommation des ménages japonais a chuté en novembre pour le huitième mois d'affilée (-2,5% sur un an), même si le recul est moins marqué qu'en octobre (-4%), a annoncé vendredi le ministère des Affaires intérieures.

Les Nippons ont fortement réduit leurs dépenses après la hausse début avril de la taxe sur la consommation, ce qui a provoqué une nette contraction du Produit intérieur brut (PIB), de 1,7% au deuxième trimestre, puis de 0,4% au troisième, le Japon retombant de ce fait en récession.

Le mois passé, les sommes déboursées se sont établies en moyenne à 280.271 yens (1.920 euros au taux de change actuel).

Les Japonais ont drastiquement restreint les frais relatifs au logement (-20,3%). Parmi les autres postes en repli, figurent l'électricité, l'essence et l'eau (-5,7%), les achats de meubles et autres biens d'équipement pour la maison (-4,5%) et les loisirs (-2%).

L'éducation (+6,9%), les transports/télécommunications (+1,8%) et les soins médicaux (+1,8%) ressortent en revanche en hausse.

Sur la même période, les dépenses des ménages dont le chef de famille est salarié ont également décliné, mais moins que pour l'ensemble des foyers de deux personnes et plus: elles ont fléchi de 1,2% à 306.230 yens (2.097 euros).

Leurs revenus ont diminué dans le même temps de 3,9% sur un an à 431.543 yens (2.955 euros).

Avant l'augmentation de TVA, la première depuis 17 ans, les ménages avaient pris d'assaut les magasins, entraînant un bond de la consommation. Ils ont ensuite considérablement diminué leurs emplettes, et ni les largesses budgétaires du gouvernement, ni la politique monétaire ultra-accommodante de la Banque du Japon (BoJ) n'ont été en mesure pour l'heure d'inverser cette tendance.

Pour le Premier ministre Shinzo Abe, réélu mercredi à la tête du pays après la victoire de son Parti Libéral-Démocrate (PLD, droite) aux législatives anticipées du 14 décembre, la clé réside dans l'augmentation des salaires afin d'étendre à l'ensemble de la société les effets de sa stratégie dite «abenomics».

Il a convoqué la semaine dernière les dirigeants d'entreprises pour les pousser à élever les rétributions de leurs employés. Dans le même sens, le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Haruhiko Kuroda, les a exhortés jeudi à «partager le gâteau» et ainsi contribuer à la relance de la troisième économie mondiale.