Pour les fêtes, le retour des Espagnols dans les magasins

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Le grand magasin Corte Ingles à Madrid le 17 septembre 2003
Le grand magasin Corte Ingles à Madrid le 17 septembre 2003 — Carlos Alvarez Getty

Après six années de vaches maigres, les Espagnols décèlent des signes de reprise et s'autorisent enfin à dépenser pour les fêtes de fin d'année, période cruciale pour le commerce.

Depuis le début du mois de décembre, les rues commerçantes du centre de Madrid ne désemplissent pas le week-end. Madrilènes, provinciaux et touristes étrangers s'y pressent pour admirer les illuminations, découvrir le marché de Noël sur l'historique plaza Mayor et réaliser leurs emplettes.

La tendance est à la reprise et pas seulement dans la capitale, se réjouit le porte-parole de l'Association nationale des grandes entreprises de distribution (Anged), regroupant les grands magasins Corte Ingles, les supermarchés Carrefour, Alcampo (Auchan), Hypercor ou encore le géant de l'ameublement Ikea, les magasins de jouets Toy's «R» Us et l'enseigne de produits culturels et techniques Fnac.

«Cette période de Noël pourrait se terminer avec la meilleure progression des ventes des sept dernières années, autour de 1%», prévoit-il. La hausse peut paraître modeste, mais elle est bienvenue après une dégringolade de 17% entre 2007 et 2013, en plein plongeon de l'économie. D'autant plus que les magasins réalisent un cinquième de leur chiffre d'affaires en fin d'année, voire la moitié dans les jouets et ou les parfums, souligne l'Anged.

Le constat est partagé par les petits commerces regroupés au sein de la Confédération nationale des commerces (CEC). «Le pire est derrière nous», assure une porte-parole.

La reprise économique de l'Espagne explique que les consommateurs soient plus enclins à ouvrir leur porte-monnaie, même si le chef du gouvernement Mariano Rajoy a du reconnaître récemment qu'elle «n'est pas arrivée chez tout le monde».

Elle se traduit aussi par un bond de 18% des ventes de voitures neuves sur les onze premiers mois de l'année, ou par la première hausse de trafic sur les autoroutes à péage en huit ans.

Le produit intérieur brut (PIB) devrait croître de 1,3% cette année et le taux de chômage reculer légèrement, à 24,2%, soit le plus haut niveau dans l'Union européenne après la Grèce.

- 110.000 embauches temporaires prévues -

L'appétit retrouvé d'une partie des Espagnols est aussi une bonne nouvelle pour l'emploi. Le groupe suisse Adecco, le numéro un mondial du travail temporaire, table sur 10% de contrats en plus sur les mois de novembre, décembre et janvier que l'année précédente, soit 110.000 en tout.

Des niveaux proches de l'avant-crise, relève Adecco. Le nombre d'embauches temporaires le plus important devrait avoir lieu dans les domaines de la distribution, des ventes, de l'alimentaire et de la restauration et avant tout à Madrid et en Catalogne, les deux régions les plus riches du pays.

Le «Black Friday» fin novembre a donné le coup d'envoi aux achats de Noël, avec des remises importantes proposées par de nombreuses marques cherchant à transposer en Europe cette journée de soldes monstres traditionnelle aux Etats-Unis.

Les ventes s'étaleront jusqu'à la fête des Rois le 6 janvier, jour où l'on offre des cadeaux aux enfants en Espagne.

L'observatoire spécialisé de la consommation Cetelem calcule que les Espagnols dépenseront en moyenne 400 euros pendant les fêtes. Cette somme sera en grande partie consacrée à l'habillement, devant les produits alimentaires, les jouets et les parfums et dans une moindre mesure à l'électronique.

Outre les promotions, «le secteur de la distribution a fait un effort extraordinaire pour relancer la consommation» en lançant des prêts à la consommation ou en développant son offre sur internet, souligne le porte-parole des grandes entreprises Anged. Ce secteur en plein boom devrait d'ailleurs voir son chiffre d'affaires de fin d'année bondir de 14%, estime l'école de commerce Esade, basée à Barcelone.