L'immobilier plombe le patrimoine des Français

ARGENT Le patrimoine des ménages a modestement progressé en 2013 à cause du ralentissement des prix de l'immobilier...

Céline Boff

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Illustration d'annonces dans une agence immobilière.
Illustration d'annonces dans une agence immobilière. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les Français sont un peu plus riches. En 2013, leur patrimoine, c’est-à-dire l’ensemble des biens possédés moins les dettes, s’élevait à 10.414 milliards d’euros, soit une progression de +1,8% par rapport à 2012, révèle une enquête de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Certes, nous sommes très loin des performances enregistrées entre 2001 et 2011: les Français voyaient alors leur patrimoine s’apprécier de +6,9% chaque année! Mais si la hausse est désormais modeste, les ménages peuvent se consoler en se disant qu’ils sont malgré tout les seuls à enregistrer une augmentation: le patrimoine des entreprises non financières recule de -5%, celui des sociétés financières, de -12,4% et celui des administrations publiques, de -0,4%.

L'assurance-vie, un placement recherché

Les particuliers auraient pu profiter d’une progression bien plus conséquente s’ils ne détenaient pas autant d’immobilier. Les logements et les terrains représentent en effet les deux tiers de leur patrimoine et leur valeur stagne (+0,1%). D’abord parce que dans l’ancien, le recul des prix des logements se poursuit.

Ensuite, dans le neuf, les mises en chantier de logements reculent encore et l’indice du coût de la construction diminue. Résultat: l’investissement des ménages baisse en valeur. Au final, les actifs non financiers des Français, qui comprennent également les équipements, perdent donc un peu de valeur (-0,1%), mais moins qu’en 2012 (-1,3%).

Et ce recul est largement compensé par la hausse de leur patrimoine financier, qui progresse de +4,8% après +5,5% en 2012. Les ménages continuent de placer de l’argent, notamment sur les contrats d’assurance-vie. Ainsi, l’encours sur ces contrats, c’est-à-dire la différence entre les entrées et les retraits, augmente de +3,8% après une progression de +3,2% en 2012.

Un patrimoine financier qui progresse

Les placements sur les comptes de dépôts et les livrets progressent également (+2,6%), mais moins qu’en 2012 (+4,7%). Tout simplement parce que les versements sur les livrets A et les livrets de développement durable diminuent, après avoir été dopés par le relèvement des plafonds en 2012 et début 2013. «En revanche, le faible niveau des taux d’intérêt favorise l’accumulation d’avoirs en numéraire et dépôts à vue», détaille l’Insee.

Côté actions et parts de fonds d’investissement, les ménages ont vu leur patrimoine progresser de +8,8% en 2013, après une hausse de +16,4% en 2012. Cela grâce à la valorisation de leurs placements. Ce qui ne les empêche pas d’alléger leurs portefeuilles. Les Français se détournent également les obligations (–6,6% après +10,8 % en 2012).

En matière de passif, les encours de crédits obtenus par les ménages progressent peu (+2%, après +2,2% en 2012). Cela s’explique par l’atonie du marché immobilier. Au final, le patrimoine financier net des ménages fait donc un bond de +6,3% en 2013. C’est moins qu’en 2012 (+9,6%), mais c’est nettement plus que sur la décennie 2001-2011. La hausse était alors de +3,8% en moyenne par an.