Faut-il s'attendre à une nouvelle réforme des retraites?

SOCIAL Deux rapports sur les régimes de retraite ont fuité dans la presse...

Céline Boff

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Des figurines représentant des salariés à côté du mot retraite
Des figurines représentant des salariés à côté du mot retraite — Philippe Huguen AFP

Notre système de retraite est-il au bord de la faillite? Deux rapports, l’un réalisé par la Cour des comptes, l’autre par le Conseil d’orientation des retraites (COR), ont successivement fuité dans la presse. Ils pointent du doigt la situation inquiétante des régimes de retraites complémentaires. 20 Minutes fait le point sur les probables changements à venir.

Les retraites complémentaires

L’Agirc, la retraite complémentaire des cadres, et l’Arrco, la complémentaire des autres salariés, représentent 30 à 70% du montant de la pension des retraités du privé. Et ces régimes sont dans le rouge. Depuis 2009, ils accumulent les déficits –ils approcheraient les 5,3 milliards d’euros cette année. L’Agirc est particulièrement fragile: ses réserves pourraient être épuisées dès 2017, d’après la Cour des comptes.

Les partenaires sociaux, qui gèrent ces régimes, négocieront de février à juin pour trouver de nouvelles mesures permettant de pérenniser le système. «Je n’ai pas de boule de cristal, mais ces ajustements consisteront sans doute en une hausse des cotisations des cadres, peut-être aussi des employeurs et des autres salariés», avance Jacques Bichot, économiste spécialiste des retraites.

Les conditions de réversion pourraient aussi être durcies. Si la Cour des comptes et le Medef préconisent un allongement de la durée de cotisation, cette solution semble moins envisageable. En revanche, la valeur du point pourrait encore être gelée en 2015, les pensions ne seraient donc pas revalorisées. 

«La situation est inquiétante, mais les régimes de retraites complémentaires vont continuer de verser les pensions en s’endettant, et en espérant que les taux d’emprunt restent bas», analyse Jacques Bichot.

Les retraites de base

A court terme, les régimes de base s'en sortent bien, affirme le COR, notamment grâce à la dernière réforme Ayrault. Elle a amélioré la situation en accroissant les ressources –les cotisations vieillesse acquittées par les salariés et par les employeurs ont augmenté– et la durée de cotisation –elle atteindra 43 ans en 2035, soit 172 trimestres. Du coup, le COR estime qu’il n’est pas nécessaire de renforcer la législation sur les retraites de base.

Après un petit couac, les ministres Marisol Touraine et François Rebsamen ont d’ailleurs affirmé que le gouvernement ne prévoyait, en matière de durée de cotisation, «rien d’autre» que ce qui est déjà dans la réforme Ayrault. Reste que cette loi prévoit, si besoin, de faire évoluer le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein…

Mais d’après Jacques Bichot, «si la situation économique ne se détériore pas, la durée de cotisation ne sera pas allongée pendant ce quinquennat».