Loi Macron: Les mesures favorables aux consommateurs qui sont passées à la trappe

CONSOMMATION L'Autorité de la concurrence avait défendu ces réformes auprès du gouvernement...

Céline Boff

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Illustration mécanicien.
Illustration mécanicien. — David Ebener DPA

Il est censé libérer «la croissance et l’emploi». Le projet de loi Macron a été présenté ce mercredi en conseil des ministres. S’il reprend plusieurs propositions de l’Autorité de la concurrence favorables aux consommateurs, le texte en a abandonné d’autres, qui auraient pourtant gonflé le pouvoir d’achat des citoyens. 20 Minutes fait le point.

Les médicaments

Autoriser la vente des médicaments sans ordonnance hors des pharmacies était l’un des grands chevaux de bataille de l’Autorité de la concurrence. Elle plaidait pour que ces soins puissent être distribués dans les grandes et moyennes surfaces, dans des corners dédiés et en présence d’un pharmacien diplômé. Ce projet a d’ailleurs longtemps figuré dans le projet de loi dit Macron… Avant d’en disparaître soudainement.

D’après Bruno Lasserre, le président de l’Autorité de la concurrence, cette ouverture sous condition aurait entraîné une baisse des prix de l’ordre de 25%. «Alors qu’une majorité de pays européens a ouvert la distribution des médicaments sans ordonnance aux grandes surfaces et parapharmacies, le gouvernement est revenu en arrière sur une mesure qui aurait pourtant permis 270 millions d’euros d’économies par an», se désole l’UFC-Que Choisir.

Certes, la réforme des pharmacies doit être intégrée dans une autre loi, qui sera présentée par la ministre de la Santé Marisol Touraine. Mais cette dernière a déjà déclaré en septembre qu’elle était opposée à la vente de certains médicaments hors pharmacie…

Les réparations automobiles

C’était l’un des autres combats de l’Autorité de la concurrence: mettre fin au monopole des constructeurs sur les pièces de rechange visibles. Pour leur rétroviseur ou leurs jantes, les automobilistes auraient pu s’approvisionner ailleurs que chez les constructeurs.

Ce renforcement de la concurrence aurait sans doute fait baisser les prix alors même que ces dix dernières années, «la maintenance automobile est le poste qui a le plus augmenté, loin devant l’alimentation, l’habillement ou le téléphone», affirmait en juillet dernier l’Autorité. 

Mais le gouvernement n’a pas suivi cette recommandation. «La France reste ainsi le dernier grand marché automobile européen à appliquer le monopole sur la vente de pièces de carrosserie. Les économies potentielles pour les consommateurs sont pourtant gigantesques, pouvant atteindre 400 millions d’euros», rappelle l’UFC-Que Choisir.

L’association demande aux parlementaires de «se saisir de leur pouvoir d’amendement pour réintroduire ces mesures favorables aux consommateurs».