Abercrombie: Les cinq plus grandes polémiques de la marque des «enfants cools»

MODE Le départ du sulfureux PDG de la marque doit clore l’ère des scandales...

N.Beu.

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Michael Jeffries, le PDG d'Abercrombie & Fitch, le 13 janvier 2009, à New York.
Michael Jeffries, le PDG d'Abercrombie & Fitch, le 13 janvier 2009, à New York. — Mark Lennihan/AP/SIPA

Michael Jeffries lâche les rênes d’Abercrombie & Fitch. Après 22 ans à la tête de la marque de vêtements, le PDG a été poussé vers la sortie en raison de résultats décevants. Le sulfureux dirigeant d’entreprise laissera l’image d’un homme à succès mais aussi à scandales. Retour sur sa présidence en cinq polémiques.

Abercrombie, la marque des «enfants cools»

En 2006, Michael Jeffries donne une interview au magazine Salon, dans laquelle il résume l’esprit de la marque. «Dans chaque école, il y a des enfants cools et populaires, et d'autres qui ne sont pas si cools que ça. Franchement, nous nous adressons aux enfants cools, qui ont une attitude super et qui ont plein d'amis. Plein de gens ne rentrent pas dans ce cadre et ne pourront pas y rentrer. Sommes-nous exclusifs? Complètement.» L’explication a le mérite de l’honnêteté, mais elle le poursuivra pendant des années. Pas grave: Mike Jeffries n’est pas homme à douter.

L’invention de la taille XXXS

Pour le PDG d’Abercrombie, être cool signifie faire une taille de guêpe. Autant dire que rentrer dans du 8 ans quand on en a vingt de plus vous propulse automatiquement tout en haut de l’échelle sociale. Cette année, la marque américaine a ainsi été pointée du doigt par des sites spécialisés féminins et les réseaux sociaux après l’apparition d’une taille «triple 0» (soit un tour de taille de 58,5cm), deux crans en dessous de l’extra-small. Interrogée par Le Parisien, la marque répondait alors qu’elle n’était plus produite depuis 2012 et qu’elle allait être retirée du guide des tailles des magasins. Trop tard pour éteindre l’incendie.

L’interdiction des tailles XL et XXL pour les femmes

Quand on a quelques kilos en trop, en revanche, difficile de trouver chaussure à son pied et pantalon à ses fesses chez Abercrombie. En mai 2013, la marque s’est fait épingler aux Etats-Unis pour son mépris envers les grandes tailles. Après un article de Business Insider révélant que la marque ne constituait aucun stock de vêtements féminins XL et XXL, une pétition a été lancée pour qu’Abercrombie présente ses excuses et corrige le tir. En novembre, la marque a finalement annoncé que sa collection printanière comprendrait bien des grandes tailles.

Les pauvres priés de rester loin d’Abercrombie

Abercrombie n’aime pas plus les «pauvres» que les «gros». La polémique n’est, cette fois, pas le fait de Michael Jeffries directement, mais d’un directeur régional de la marque. En 2010, sous couvert d’anonymat, celui-ci décrivait ainsi les méthodes appliquées dans les magasins de l’enseigne: «Tout vêtement qui a n'importe quel défaut, même une couture manquante ou du tissu qui s'effiloche, est détruit.» Avant d’expliquer pourquoi la marque refuse de donner ces vêtements-là à des œuvres de charité: «Abercrombie ne veut pas donner l'image qu'une personne pauvre peut porter ses affaires. Seules les personnes d'une certaine stature peuvent acquérir et porter les vêtements de la marque.» Une certaine idée de la classe.

Un recrutement et management discriminatoires

Abercrombie est sélectif avec ses clients, mais encore plus avec ses employés. En 2005, l’enseigne a été condamnée à payer 50 millions de dollars (un peu moins de 40 millions d’euros) à la suite d’une plainte pour discrimination. Le tort de l’enseigne: avoir privilégié dans son recrutement des jeunes gens minces, beaux et trop souvent blancs. Des employés latinos, noirs ou asiatiques, Abercrombie en avait bien, mais ils étaient relégués en arrière-boutiques. A partir de cette date, Abercrombie a dû revoir ses pratiques d’embauche. Ce qui ne l’a visiblement pas empêché d’employer d’autres méthodes discriminatoires. En 2013, une vendeuse racontait ainsi à ABC qu’elle s’était fait réprimander… pour avoir pris quelques kilos.

Des clientes lors de l'ouverture du premier magasin Abercrombie & Fitch à Paris, face à des employés torse nu, le 12 mai 2011. - Remy de la Mauviniere/AP/SIPA