LuxLeaks 2: Encore de nouvelles révélations sur l'évasion fiscale visant 35 sociétés, dont Skype et Disney

ECONOMIE Ce qui pourrait fragiliser encore un peu plus Jean-Claude Juncker...

Maud Pierron

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Le chef de la Commission européenne Jean-Claude Juncker présente son plan d'investissements de 315 milliards d'euros au Parlement européen à Strasbourg, le 26 novembre 2014
Le chef de la Commission européenne Jean-Claude Juncker présente son plan d'investissements de 315 milliards d'euros au Parlement européen à Strasbourg, le 26 novembre 2014 — Frederick Florin AFP

Plusieurs médias internationaux ont publié mardi soir de nouvelles révélations dans le cadre du scandale LuxLeaks sur un système massif d'optimisation fiscale au Luxembourg, qui risquent de porter un nouveau coup au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Ces révélations visent notamment les américains Skype, qui appartient depuis 2011 à Microsoft, Walt Disney et Invista, filiale de Koch Industries propriétaire de la marque Lycra.

Elles interviennent à la veille de la prestation de serment officielle de la Commission Juncker devant la Cour de justice européenne à Luxembourg.

Juncker veut un sursaut contre l'évasion fiscale

S'appuyant sur quelque 28.000 pages de documents obtenus par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), une quarantaine de journaux avaient révélé début novembre qu'entre 2002 et 2010, quand Jean-Claude Juncker était Premier ministre, le Grand-Duché avait passé des accords fiscaux avec 340 multinationales, dont Apple, Amazon, Ikea, Pepsi, Heinz, Verizon et AIG, afin de minimiser leurs impôts, privant les Etats européens de milliards d'euros de recettes fiscales.

Selon le journal belge Le Soir, la nouvelle vague de documents «LuxLeaks 2» implique 35 nouvelles sociétés, parmi lesquelles Skype, Walt Disney, Koch Industries, mais aussi Bombardier ou Telecom Italia.

Le scandale LuxLeaks avait déstabilisé Jean-Claude Juncker, moins d'une semaine après son entrée en fonction. Après quelques jours de silence, il avait contre-attaqué en promettant un sursaut dans la lutte contre l'évasion fiscale.

«Politiquement responsable»

«Subjectivement parlant, je n'ai rien de plus à me reprocher que ce que d'autres auraient à se reprocher. (...) Mais, objectivement parlant, je suis affaibli, car le Luxleaks laisse croire que j'aurais participé à des manoeuvres ne répondant pas aux règles élémentaires de l'éthique et de la morale», a déclaré Jean,-Claude Juncker dans un entretien à paraître ce mercredi dans le quotidien français Libération.

«Je ne suis pas l'architecte» du système, «mais je suis politiquement responsable», avait déjà concédé le 12 novembre celui qui fut Premier ministre pendant dix-huit ans, de 1995 à 2013. Deux semaines plus tard, il a dû affronter une motion de censure déposée par les élus europhobes, qui a été rejetée par le Parlement européen.