Wall Street avance avec confiance, tablant sur une bonne fin d'année

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La façade de la Bourse de New York, sur Wall Street
La façade de la Bourse de New York, sur Wall Street — Spencer Platt Getty

La Bourse de New York se lance avec confiance vers la semaine prochaine, tablant sur une bonne fin d'année sur le marché, à l'heure de la multiplication des signes de vigueur de l'économie américaine.

Au cours des cinq dernières séances, l'indice Dow Jones Industrial Average est monté de 0,72% à 17.958,79 points, un nouveau sommet.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a reculé de 0,23% à 4.780,75 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500, le plus regardé par les investisseurs, a avancé de 0,38% à 2.075,37 points, un niveau inédit.

Telle une cerise sur le gâteau, l'annonce vendredi d'excellents chiffres sur la création d'emplois aux Etats-Unis a installé le marché dans l'idée que les dernières semaines de 2014 seraient souriantes à Wall Street.

Avec 321.000 embauches en novembre, la première économie mondiale n'a jamais autant créé d'emplois depuis janvier 2012, son taux de chômage restant à son plus bas niveau depuis six ans (5,8%). Et puis, la durée hebdomadaire du travail a un peu augmenté, tout comme le salaire moyen.

Ces chiffres soulignent «la divergence entre les Etats-Unis et le reste du monde», remarque Gregori Volokhine, gérant de portefeuilles Meeschaert Financial Services. «Ici, on crée des emplois, les salaires commencent à augmenter, le consommateur a confiance, tous les signaux sont au vert».

En bref, «le marché américain reste le meilleur marché pour investir» devant l'Europe, la Chine ou le Japon, «et même les investisseurs réticents sont poussés à rentrer dans le jeu», fait valoir Michael James, de Wedbush Securities.

Forte d'une confiance de plus en plus grande de la part des investisseurs, la Bourse new-yorkaise ose tous les records, se rapprochant même à grands pas d'un seuil psychologique qui pourrait faire les gros titres de la presse financière, celui des 18.000 points.

- Ombre au tableau? -

Seule grosse ombre au tableau, la nette embellie de l'économie s'accompagne du risque d'un resserrement anticipé de la politique monétaire très accommodante menée par les Etats-Unis depuis quelques années.

Les largesses de la Réserve fédérale (Fed) ont fait bondir les indices mais une nouvelle fermeté pourrait les faire dévisser, craignent certains. Avec des taux d'intérêt -- actuellement proches de zéro -- plus hauts, adieu la politique de l'argent facile, adieu les incitations au crédit et l'afflux de liquidités pour financer l'achat d'actions, préviennent les Cassandres.

Mais la réaction plutôt positive du marché vendredi, qui s'est même payé le luxe de battre encore des records a rassuré, à au moins court terme, sur la solidité de la tendance haussière du marché.

«Ce qui est important, c'est que le marché commence à anticiper une année 2015 favorable économiquement» tant du point de vue des indicateurs que pour les entreprises et il «a de moins en moins la crainte» de la Fed, remarque Gregori Volokhine.

En effet, «il se satisfait des perspectives économiques pour monter, tandis que le marché européen a tous les jours besoin d'une petite phrase» du patron de la banque centrale européenne (BCE) Mario «Draghi pour monter», ajoute-t-il.

La semaine prochaine, les courtiers se pencheront avant tout sur des indices sur la santé de la consommation aux Etats-Unis, le grand moteur de sa croissance économique, avec les ventes au détail jeudi.

Ces chiffres seront d'autant plus scrutés que «les ventes du +Black Friday+», ce jour de soldes-monstre au lendemain de la fête de Thanksgiving «se sont avérées mitigées», remarque Charlie Bilello.

Les opérateurs jetteront aussi un oeil vendredi sur les prix à la production en novembre pour jauger le niveau d'inflation et sur le moral des ménages selon l'Université du Michigan, selon une estimation préliminaire ce jour-là.

Mais «avant la fin de l'année, il n'y aura qu'un seul grand rendez-vous économique, celui de la réunion de la Fed» les 16 et 17 décembre, estime M. Bilello.

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