Silver économie: Cinq métiers pleins d'avenir

EMPLOI Le salon professionnel de l'économie du vieillissement se tient ces jeudi et vendredi à Paris...

Céline Boff

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Bordeaux, rue Fondaudege, 11 septembre 2011. - Laetitia, auxiliaire de vie pour Denise, 91 ans. - Photo : Sebastien Ortola
Bordeaux, rue Fondaudege, 11 septembre 2011. - Laetitia, auxiliaire de vie pour Denise, 91 ans. - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Les seniors vont-ils relancer l’emploi? Alors qu’un Français sur trois aura plus de 60 ans en 2030, la «silver économie», c'est-à-dire la création de produits et de services pour les personnes âgées, pourrait créer 150.000 à 200.000 emplois d’ici à 2025. Et renouveler certains métiers. 20 Minutes fait le point avec Alain Bosetti, président du salon professionnel Silver Economy Expo, qui se tient ces jeudi et vendredi à Paris, Porte de Versailles (15e).

Les designers

«Les designers ne prennent pas encore suffisamment en compte la problématique senior, que ce soit dans le design esthétique, mais surtout fonctionnel des produits», lance Alain Bosetti. Par exemple, en matière vestimentaire. «Plus on vieillit, plus il est difficile d’enfiler ses habits, rappelle-t-il. Au Japon, des créateurs développent déjà des vêtements plus adaptés, comme des pulls avec des manches et des encolures plus amples. Des pantalons renforcés au niveau du col du fémur sont également proposés à la vente.»

Les professionnels de l’agroalimentaire

«Les services R&D [recherche et développement] des groupes agroalimentaires vont devoir développer de plus en plus d’aliments et de plats capables d’être ingérés sans être mastiqués», affirme Alain Bosetti. Une offre déjà conséquente au Japon. Quant aux professionnels de la distribution, «ils pourraient créer dans leurs grandes et moyennes surfaces des "rayons seniors" ou au moins des "rayons confort", qui proposeraient une sélection d’articles répondant aux besoins des personnes plus âgées.»

Les ingénieurs

Les ingénieurs spécialisés dans les équipements de la maison seront particulièrement sollicités. «Le logement est déjà, avec la santé, l’un des deux premiers postes de dépenses des seniors. Sachant que 90% des Français veulent mourir chez eux, il faut développer l’offre d’équipements répondant à leurs attentes», souligne Alain Bosetti. Surtout en matière de domotique. «La plupart des foyers sont désormais équipés de box et de smartphones, le marché est prêt pour de vraies innovations, comme ces revêtements de sol avec capteurs intégrés qui sont capables de détecter les chutes», ajoute-t-il.

Les qualiticiens

«Si le contrôle technique est obligatoire pour une voiture, il n’existe pas d’équivalent pour le logement. Pourtant, les accidents domestiques font chaque année cinq fois plus de victimes que les accidents de la route», note Alain Bosetti. «Un nouveau métier pourrait donc émerger, celui de qualiticien logement. Il veillerait à la conformité des habitations, mais aussi aux aménagements permettant d’améliorer la sécurité et la qualité de vie des seniors les plus âgés».

Les auxiliaires de vie

«Avec le vieillissement croissant de la population, ces professionnels seront de plus en plus recherchés. Leur métier va fortement évoluer à cause des nouvelles technologies», analyse Alain Bosetti. «Par exemple, le cahier de liaison, qui permet à tous les individus qui se relaient autour de la personne âgée de noter les soins qui lui ont été apportés, sera bientôt remplacé par la tablette, estime-t-il. Les auxiliaires de vie vont devoir se former à ces nouveaux matériels.»