Mer coincé entre déficit et baisses d’impôts promises

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Les impôts réduits d’un tiers d’ici à 2005 ? Officiellement, le gouvernement ne renonce pas à la promesse du candidat Chirac. A charge pour les élus de la majorité d’y préparer, à tout hasard, l’opinion. La question sera examinée, aujourd’hui, lors du débat d’orientation budgétaire, à l’Assemblée nationale et au Sénat. L’impôt sur le revenu a reculé de 5 % en 2002, puis de 1 % en 2003. Et la conjoncture ne permet guère d’accélérer la cadence. Voire de la maintenir. « Je ne vois pas l’intérêt de continuer à retoucher le barème pour faire une baisse de 1 % en 2004 », a ainsi jugé dans La Tribune, hier, l’UMP Gilles Carrez, rapporteur du budget à l’Assemblée. Avant d’avertir : « Nous n’arriverons peut-être pas à une baisse de l’impôt sur le revenu de 30 % sur la législature. » Lundi, le chef de l’Etat avait assuré que la baisse serait « poursuivie ». Poursuivie, mais ciblée, nuance Bercy. Difficile, en effet, pour Francis Mer de réduire à la fois le déficit public – comme l’exige Bruxelles – et les rentrées fiscales. Les ressources de l’Etat se voient déjà amputées par le ralentissement de l’économie, et le recul de la consommation (voir « L’instantané » ci-contre) assombrit l’avenir. Les contribuables en seront pour leurs frais. F. K.